France : la ministre de la Transition écologique retire sa démission après le refus d’Emmanuel Macron
La ministre française de la Transition écologique, Monique Barbut, a finalement renoncé à quitter le gouvernement après que le président Emmanuel Macron a refusé sa démission, présentée en signe de protestation contre l’adoption d’une loi agricole controversée autorisant, à titre dérogatoire, le retour de certains pesticides.
Dans un message publié mercredi sur LinkedIn, Monique Barbut avait annoncé avoir informé le Premier ministre que « les conditions nécessaires à son maintien au gouvernement n’étaient plus réunies » et qu’elle présenterait sa démission au chef de l’État.
Quelques heures plus tard, la porte-parole du gouvernement, Maud Brégeon, a indiqué que le président Macron avait refusé cette démission. À l’issue de leurs échanges, la ministre a décidé de poursuivre sa mission au sein de l’exécutif.
À l’origine de cette crise figure une loi agricole adoptée par le Parlement, qui prévoit la réintroduction temporaire de deux substances phytosanitaires controversées. Le texte autorise notamment l’utilisation de l’acétamipride, un insecticide de la famille des néonicotinoïdes, sur les cultures de noisettes, ainsi que du flupyradifurone sur les betteraves sucrières, les pommiers et les cerisiers.
Cette décision suscite une vive opposition des organisations écologistes et de plusieurs syndicats agricoles. Ils estiment que cette dérogation privilégie les intérêts de l’agro-industrie au détriment de la protection de la biodiversité, en particulier des abeilles et autres pollinisateurs. Greenpeace a notamment qualifié cette loi de « honte ».
À l’inverse, les représentants de la filière sucrière défendent cette mesure, affirmant que ces pesticides sont indispensables pour lutter contre les pucerons responsables de lourdes pertes dans les cultures de betteraves ces dernières années.
La dérogation ne pourra toutefois entrer en vigueur qu’après l’avis favorable de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES). Sa durée d’application est limitée à trois ans.
Le débat autour de cette loi est particulièrement sensible en France. Une pétition demandant son abandon avait recueilli plus de deux millions de signatures, un record sur le site de l’Assemblée nationale. Par ailleurs, le Conseil constitutionnel avait déjà censuré l’an dernier une précédente tentative de réautorisation de l’acétamipride, jugeant les garanties environnementales insuffisantes.
