Il était devenu roi à trois ans : le roi Oyo de Tooro meurt à 34 ans

Il était devenu roi à trois ans : le roi Oyo de Tooro meurt à 34 ans

Oyo Nyimba Kabamba Iguru Rukidi IV, roi du royaume traditionnel de Tooro, dans l’ouest de l’Ouganda, est décédé jeudi à l’âge de 34 ans. Monté sur le trône à seulement trois ans, il était considéré comme le plus jeune monarque régnant au monde.

Le Premier ministre du royaume traditionnel de Tooro, dans l’ouest de l’Ouganda, a annoncé vendredi le décès du roi Oyo Nyimba Kabamba Iguru Rukidi IV, à l’âge de 34 ans. Le souverain est mort jeudi 27 août, vers 22 heures, heure locale. La cause de son décès n’a pas été communiquée.

« C’est avec une profonde tristesse et le cœur lourd que j’annonce le décès de Sa Majesté le roi Oyo », a déclaré Calvin Armstrong Rwomiire Akiiki, Premier ministre du royaume de Tooro, dans un message publié sur le réseau social X.

Le roi Oyo était monté sur le trône à l’âge de trois ans, en 1995, après la mort de son père. Une régence, à laquelle participait notamment la reine mère, avait alors été mise en place jusqu’à sa majorité. Son couronnement officiel a eu lieu en 2010, lorsqu’il a atteint l’âge de 18 ans.

Inscrit au Livre Guinness des records comme le plus jeune monarque régnant au monde, Oyo Nyimba Kabamba Iguru Rukidi IV dirigeait un royaume qui compte plus de deux millions d’habitants. Il était le 13ᵉ monarque d’une institution fondée au début du XIXᵉ siècle.

L’Ouganda est une république gouvernée par un président et un Parlement élus. Le pays compte toutefois plusieurs royaumes traditionnels qui ont survécu à la période coloniale. Privées de pouvoir politique officiel, ces monarchies continuent d’exercer une influence considérable sur les plans culturel, social et communautaire.

Le royaume de Tooro, également appelé Toro, se trouve dans l’ouest de l’Ouganda, à proximité de la frontière avec la République démocratique du Congo. Son système de succession est héréditaire.

Avant l’annonce officielle de la disparition du roi, la ministre ougandaise Margaret Muhanga avait indiqué aux médias locaux que le souverain était gravement malade et recevait des soins aux États-Unis.

« C’est une perte irremplaçable pour la famille royale et pour le peuple de Tooro », a déclaré le Premier ministre du royaume. Il a appelé la population à rester « unie, calme et pieuse » durant cette période de deuil.
Bien que le roi Oyo ne fût pas marié, la continuité de la monarchie serait assurée. « Sa Majesté laisse un prince héritier, dont l’identité sera officiellement révélée en temps voulu, conformément aux traditions et aux coutumes du royaume de Tooro », a précisé Calvin Armstrong Rwomiire Akiiki.

Le jeune souverain était très respecté par sa population. Au cours de son règne, il avait notamment soutenu des initiatives liées à l’autonomisation des jeunes, à l’éducation, à la protection de l’environnement et à la prévention du VIH/sida.

En 2001, alors âgé de neuf ans, il avait accueilli le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi dans le royaume de Tooro, aux côtés du président ougandais Yoweri Museveni.

Les hommages se sont rapidement multipliés à travers le pays. Le royaume du Buganda, la plus grande et la plus influente institution traditionnelle d’Ouganda, a exprimé sa solidarité avec le peuple de Tooro, saluant la mémoire d’une « figure précieuse » pour le pays. Le royaume de Rwenzururu a également adressé ses condoléances à la famille royale et à tous ceux qui pleurent sa disparition.

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