Niger : tentative de putsch à Niamey, les mutins ciblent le palais présidentiel, une base aérienne et la télévision publique

Niger : tentative de putsch à Niamey, les mutins ciblent le palais présidentiel, une base aérienne et la télévision publique

Des tirs à l’arme lourde ont retenti dans la nuit de vendredi à samedi à Niamey, où un groupe de militaires aurait tenté de s’emparer de plusieurs sites stratégiques, dont le palais présidentiel, la base aérienne 101 et la Radiotélévision du Niger. Les autorités militaires affirment avoir progressivement repris le contrôle de la capitale, mais les circonstances exactes du mouvement et son ampleur restent encore incertaines.

Une nouvelle crise vient secouer le pouvoir militaire au Niger. Dans la nuit de vendredi à samedi, de violents échanges de tirs ont été entendus dans plusieurs secteurs sensibles de Niamey, faisant craindre une tentative de renversement du général Abdourahamane Tiani,

Selon les premières informations disponibles, des militaires mutins auraient lancé une opération coordonnée contre plusieurs infrastructures considérées comme essentielles au contrôle de la capitale. Le palais présidentiel aurait notamment été visé par des tirs à l’arme lourde.

La base aérienne 101, située dans l’enceinte de l’aéroport international Diori-Hamani, aurait également été prise pour cible. Des affrontements auraient par ailleurs été signalés à proximité du camp Bassora de la Garde nationale, non loin de l’aéroport.

Les premiers tirs auraient éclaté aux alentours de 1 heure du matin. Des militaires, parmi lesquels figureraient de jeunes officiers appartenant aux forces spéciales, auraient engagé des combats autour de plusieurs installations stratégiques.La simultanéité des attaques laisse penser que les assaillants cherchaient à désorganiser le dispositif sécuritaire du régime et à prendre le contrôle des principaux centres de décision de la capitale.

L’objectif aurait également été de contrôler les moyens de communication. Les mutins auraient ainsi tenté de s’emparer de la Radio Télévision du Niger (RTN), infrastructure particulièrement stratégique dans toute tentative de prise du pouvoir.

Après plusieurs heures de confrontation, les autorités militaires ont affirmé que les forces loyalistes reprenaient progressivement le contrôle des zones affectées par les affrontements.

Pour le général Abdourahamane Tiani, cette tentative de renversement revêt une portée particulière. Le chef de la junte avait lui-même accédé au pouvoir à la suite du coup d’État du 26 juillet 2023 contre le président Mohamed Bazoum.

Trois ans plus tard, le régime est donc confronté à un scénario qu’il connaît bien : celui d’une contestation militaire visant directement le sommet de l’État.Depuis son arrivée au pouvoir, la junte a profondément réorienté la politique étrangère et sécuritaire du Niger, notamment en prenant ses distances avec la France et plusieurs partenaires occidentaux.

Si les autorités assurent progressivement reprendre la situation en main, les circonstances exactes de cette opération restent encore à établir. L’identité des principaux responsables, leurs revendications et l’ampleur de leurs soutiens constituent autant d’éléments susceptibles de déterminer la suite de la crise.

Selon les premières informations, le mouvement aurait impliqué de jeunes officiers des forces spéciales, dont certains seraient stationnés à Ouallam, à une centaine de kilomètres au nord de Niamey.

Après plusieurs heures de confrontation, les autorités militaires ont affirmé que les forces loyalistes reprenaient progressivement le contrôle des secteurs touchés par les affrontements.

Le pouvoir s’est également efforcé de rassurer la population, alors que des informations contradictoires circulaient sur la situation dans la capitale.

La prudence reste néanmoins de mise. Dans une tentative de coup d’État, le contrôle des casernes, des infrastructures militaires, des médias, des moyens de communication et des principaux axes de circulation peut rapidement devenir déterminant.

Pour le général Abdourahamane Tiani, l’épisode revêt une portée hautement symbolique. Le chef de la junte avait lui-même pris le pouvoir à la faveur d’un coup d’État militaire en juillet 2023.

Trois ans après le coup d’État, le régime militaire nigérien se retrouve ainsi confronté à un scénario qu’il connaît particulièrement bien : une contestation venue de l’intérieur de l’appareil militaire et visant directement le sommet de l’État.

Partager :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *