Détroit d’Ormuz : l’Iran propose une réouverture sous sept jours en échange d’un accord avec Washington

Détroit d’Ormuz : l’Iran propose une réouverture sous sept jours en échange d’un accord avec Washington

L’Iran affirme avoir proposé aux États-Unis un accord permettant de rétablir la navigation dans le détroit d’Ormuz en l’espace de sept jours. Téhéran assure que la réouverture pourrait intervenir si Washington remplit les conditions prévues dans un protocole d’accord conclu en juin, plaçant désormais la balle dans le camp américain.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré vendredi à New York que le détroit d’Ormuz pourrait être rouvert et que la navigation commerciale pourrait reprendre normalement « en sept jours », à condition que les exigences fixées par Téhéran soient satisfaites.

« Si les conditions nécessaires sont réunies, le détroit pourra être rouvert et la navigation maritime normale rétablie en sept jours. La décision appartient désormais aux États-Unis », a affirmé le chef de la diplomatie iranienne devant des journalistes réunis en marge de l’Assemblée générale des Nations unies.

Araghchi n’a pas détaillé les mesures que Washington devrait prendre, mais il a assuré qu’elles figuraient déjà dans le mémorandum d’entente signé le 18 juin entre les deux pays. Ce texte visait notamment à instaurer un cessez-le-feu, à permettre une réouverture au moins partielle du détroit et à encadrer la reprise des échanges.

Selon le ministre iranien, l’accord prévoyait la fin des opérations militaires sur les différents fronts, la levée du blocus naval américain ainsi qu’un allègement des sanctions. Téhéran s’était également engagé à faciliter le passage des navires commerciaux dans le détroit et à discuter avec Oman de futurs arrangements maritimes.

Le responsable iranien intervient alors que des discussions indirectes semblent avoir repris entre Washington et Téhéran. Selon Reuters, un responsable américain a fait état de discussions jugées positives par l’intermédiaire de médiateurs, notamment sur le dossier nucléaire. Une évolution qui intervient quelques jours après des déclarations particulièrement fermes de Donald Trump à l’égard de l’Iran.

Le détroit d’Ormuz constitue l’un des principaux points de passage du commerce énergétique mondial. Avant le conflit, environ 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux y transitaient. Sa fermeture a donc fortement perturbé les flux énergétiques et contribué aux importantes fluctuations des cours du pétrole.

La situation reste toutefois complexe. Depuis la rupture du cessez-le-feu, l’Iran a attaqué certains navires qu’il accusait de vouloir traverser le détroit sans autorisation. Les États-Unis ont de leur côté mené des opérations contre des sites iraniens dans la zone et maintiennent un blocus des ports iraniens.

À cette tension dans le Golfe s’ajoute la situation en mer Rouge. Les Houthis du Yémen, alliés de Téhéran, ont intensifié leurs attaques contre des infrastructures et des flux liés aux exportations pétrolières saoudiennes, faisant peser une pression supplémentaire sur les routes énergétiques de la région.

Pour Washington comme pour Téhéran, la question du détroit d’Ormuz dépasse donc largement le seul cadre maritime. Une réouverture rapide permettrait de rétablir une partie des flux énergétiques et pourrait contribuer à réduire la pression exercée sur le marché pétrolier. Mais sa concrétisation dépend désormais des conditions négociées entre les deux camps.

Araghchi assure que les exigences iraniennes ne constituent pas de nouvelles demandes et qu’elles sont déjà prévues dans le protocole d’accord de juin. Reste à savoir si Washington acceptera de reprendre ce cadre de négociation. Dans ce dossier, Téhéran affirme avoir avancé une proposition précise : rouvrir Ormuz en sept jours en échange de la mise en œuvre des engagements prévus par l’accord.

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