Bagdad obtient une dérogation américaine pour autoriser 40 vols iraniens par jour vers Najaf
L’Irak a obtenu une dérogation américaine lui permettant d’autoriser les compagnies aériennes iraniennes, à l’exception de Mahan Air, à assurer jusqu’à 40 vols quotidiens à destination et en provenance de Najaf. Cette décision permet une reprise partielle du trafic aérien entre les deux pays, fortement perturbé par les sanctions américaines visant le secteur aérien iranien.
Le bureau du Premier ministre irakien Ali al-Zaidi a annoncé vendredi cet accord, au lendemain d’un appel de Téhéran demandant à Bagdad de lever les restrictions imposées aux vols iraniens. Les autorités iraniennes avaient notamment souligné les difficultés rencontrées par les pèlerins, les patients, les étudiants et les acteurs économiques.
Bagdad affirme que Washington a répondu favorablement à sa demande de dérogation. Ali al-Zaidi a salué « la réponse positive apportée par le gouvernement américain aux efforts de l’Irak et sa coopération dans l’octroi de l’exemption nécessaire ».
La décision intervient alors que l’Irak tente de préserver ses liaisons avec l’Iran tout en évitant de s’exposer aux mesures américaines. Les deux pays entretiennent des relations étroites, notamment sur le plan religieux, économique et commercial, tandis que Bagdad reste un partenaire des États-Unis.
Le Trésor américain avait annoncé, le 8 septembre, des sanctions contre 36 entités liées au secteur de l’aviation iranien. Ces mesures avaient rapidement eu des répercussions sur les liaisons avec l’Irak, plusieurs sociétés étrangères d’assistance au sol ayant refusé de prendre en charge les appareils iraniens par crainte de contrevenir aux sanctions de Washington.
Le trafic avait alors été suspendu dans plusieurs aéroports irakiens. Le gouvernement de Bagdad avait engagé des discussions directes avec les autorités américaines afin d’obtenir une dérogation permettant aux compagnies iraniennes de reprendre leurs opérations.
La suspension avait également provoqué des manifestations devant l’aéroport international de Najaf et dans plusieurs villes irakiennes, notamment Nassiriya, Karbala et Amarah.
Najaf occupe une place centrale dans les échanges aériens entre l’Irak et l’Iran en raison de son importance religieuse. La ville accueille chaque année de nombreux pèlerins iraniens venus visiter les lieux saints chiites, tandis que des Irakiens se rendent également dans les villes saintes iraniennes.
Selon l’ambassadeur iranien à Bagdad, Mohammad Kazem al-Sadegh, environ 25 vols quotidiens reliaient auparavant l’Iran à Najaf et une quinzaine d’autres desservaient Bagdad.
La dérogation accordée à Bagdad reste toutefois limitée. Les compagnies aériennes iraniennes pourront assurer jusqu’à 40 vols par jour vers Najaf, mais Mahan Air ne bénéficiera pas de cette autorisation.
Cette exclusion intervient alors que la compagnie figure parmi les entreprises iraniennes visées par les mesures américaines. La reprise du trafic ne constitue donc pas une levée générale des restrictions imposées au secteur aérien iranien.
Le ministre irakien des Affaires étrangères, Fuad Hussein, a salué la reprise des liaisons, estimant qu’elle contribuait également à préserver le partenariat entre Bagdad et Washington. Il a insisté sur l’importance de faciliter l’accès des visiteurs aux lieux saints.
La reprise des vols vers Najaf ne concerne pas l’ensemble du réseau aérien irakien. Les liaisons en provenance d’Iran restent suspendues aux aéroports de Bagdad, d’Erbil et de Souleimaniye.
Les passagers concernés doivent donc encore emprunter la voie terrestre, avec des trajets pouvant durer au moins 12 heures. Cette situation continue notamment de compliquer les déplacements des pèlerins et les échanges entre les deux pays.
Avec l’autorisation de 40 vols quotidiens vers Najaf, Bagdad desserre ainsi une partie des restrictions tout en maintenant un cadre strict pour les compagnies iraniennes. La reprise reste conditionnée à la dérogation américaine et ne s’étend pas, pour l’heure, à l’ensemble des aéroports irakiens.
