Sri Lanka : l’ancienne Première dame Shiranthi Rajapaksa arrêtée pour détournement présumé de dons
L’ancienne Première dame du Sri Lanka, Shiranthi Rajapaksa, a été arrêtée mercredi à Colombo dans le cadre d’une enquête portant sur le détournement présumé de dons destinés à l’achat d’un scanner médical pour un hôpital pour enfants.
Épouse de l’ancien président Mahinda Rajapaksa, Shiranthi Rajapaksa, 73 ans, est soupçonnée d’être impliquée dans une affaire concernant 10 millions de roupies sri-lankaises, soit environ 30 300 dollars, collectés par l’association caritative Siriliya Saviya. Cette somme devait servir à financer l’acquisition d’un scanner spécialisé pour l’hôpital pour enfants Lady Ridgeway, situé à Colombo.
Selon les autorités anticorruption, le problème serait né du fait que l’équipement visé par la collecte avait finalement été offert par le gouvernement chinois. Les enquêteurs cherchent donc à déterminer ce qu’il est advenu des fonds réunis par l’organisation caritative.
Shiranthi Rajapaksa rejette les accusations de malversation et affirme que l’argent n’a pas été détourné. Son entourage assure également que les fonds se trouvent toujours sur les comptes de Siriliya Saviya et qu’aucune fraude n’a été commise.
L’arrestation intervient seulement deux jours après son retour au Sri Lanka en provenance de Singapour, où elle séjournait pour des raisons médicales. Avant son interpellation, elle avait saisi la justice pour tenter d’empêcher son arrestation. L’audience consacrée à sa requête a toutefois été fixée au 12 octobre.
Cette affaire intervient alors que les autorités sri-lankaises ont relancé plusieurs enquêtes visant la famille Rajapaksa, longtemps au cœur de la vie politique du pays. Mahinda Rajapaksa a dirigé le Sri Lanka de 2005 à 2015 et reste une figure majeure de la politique nationale.
Son nom demeure notamment associé à la fin de la guerre civile en 2009, lorsque l’armée sri-lankaise a vaincu les Tigres de libération de l’Eelam tamoul après près de trois décennies de conflit. Cette victoire lui avait valu une importante popularité auprès d’une partie de la population.
Mais l’influence de la famille Rajapaksa a fortement reculé avec la crise économique qui a frappé le Sri Lanka en 2022. Pénuries de carburant, de nourriture et de médicaments, inflation galopante et colère populaire avaient alors provoqué d’immenses manifestations. Gotabaya Rajapaksa, frère de Mahinda et président à l’époque, avait finalement été contraint de quitter le pouvoir.
Depuis l’arrivée à la présidence d’Anura Kumara Dissanayake, les autorités ont réactivé plusieurs dossiers de corruption impliquant des membres de l’ancienne famille dirigeante.
Les deux fils de Mahinda et Shiranthi Rajapaksa sont eux aussi concernés par des procédures judiciaires. Namal Rajapaksa, l’aîné, a été arrêté cette année dans une affaire liée à un contrat d’acquisition d’avions conclu durant la présidence de son père. Il se trouve actuellement en détention provisoire. Son frère Yoshitha Rajapaksa a également été arrêté plus tôt cette année dans le cadre d’accusations de corruption.
L’arrestation de Shiranthi Rajapaksa marque ainsi une nouvelle étape dans les enquêtes visant l’ancien cercle dirigeant du Sri Lanka, alors que les autorités cherchent à faire la lumière sur plusieurs affaires financières impliquant la puissante famille Rajapaksa.
