Turquie : le PKK évacue quatre bases dans le nord de l’Irak, une étape vers la paix
Les services de renseignement turcs ont confirmé l’évacuation de quatre bases du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans le nord de l’Irak. Cette opération, menée le 8 octobre dans les régions de Metina et de Baze, constitue une avancée dans le processus de paix engagé entre Ankara et le mouvement kurde, alors que les autorités turques attendent de nouvelles mesures concrètes en faveur de son désarmement et de sa dissolution.
Selon des médias turcs, citant lundi des sources sécuritaires, les quatre positions ont été évacuées à la suite d’une décision du PKK. « Cette avancée démontre que le processus se poursuit avec détermination », ont indiqué ces sources, généralement associées à l’Organisation nationale du renseignement turc (MIT).
Cette annonce intervient quelques jours après que le PKK eut affirmé avoir retiré l’ensemble de ses combattants du territoire turc ainsi que certaines positions dans le nord de l’Irak. Le mouvement avait justifié cette décision par la volonté de ne plus être perçu comme une menace par l’État turc. Il avait toutefois reproché au gouvernement du président Recep Tayyip Erdogan de ne pas faire avancer le processus avec suffisamment de sincérité et de célérité, estimant avoir déjà accompli sa part des engagements.
L’évolution du dossier intervient deux mois après l’adoption, en août, d’une loi ouvrant la voie à la réintégration des membres du mouvement armé dans la société turque. Le texte prévoit notamment la suspension des poursuites et de l’exécution des peines pour certaines infractions, sous réserve du respect des conditions fixées par les autorités. Selon l’agence officielle Anadolu, l’objectif est de faciliter le retour des anciens membres du PKK grâce à des programmes d’accompagnement dans des domaines tels que l’éducation et l’économie.
La mise en œuvre de ces dispositions reste néanmoins conditionnée à la vérification du démantèlement effectif de l’organisation. Les institutions de sécurité doivent notamment établir que le PKK a cessé d’exister en tant que structure armée et qu’il a remis l’ensemble des armes et des munitions placées sous son contrôle. Une décision du Conseil national de sécurité, publiée au Journal officiel, doit ensuite confirmer cette évolution.
Le devenir d’Abdullah Öcalan, fondateur et chef historique du PKK, demeure également une question sensible. Âgé de 77 ans, il est emprisonné depuis 1999 sur l’île d’Imrali, au sud d’Istanbul, où il purge une peine de réclusion à perpétuité. La loi adoptée en août ne précise pas les dispositions qui pourraient le concerner. Les autorités turques ont récemment constitué quatre sous-commissions chargées de superviser le processus de dissolution du mouvement. Öcalan doit participer aux travaux de l’une d’elles, consacrée au dépôt des armes, sans pour autant être autorisé à quitter sa prison.
Selon les dispositions annoncées, quelque 3 500 personnes détenues dans les prisons turques pour des faits liés au PKK pourraient également bénéficier de mesures de clémence, en fonction de la nature des infractions qui leur sont reprochées.
Les positions évacuées occupaient une zone stratégique du nord de l’Irak, régulièrement visée par les opérations militaires turques au cours du conflit. Le PKK y avait établi plusieurs bases et y avait initialement installé son quartier général, avant de le transférer plus à l’est, dans les monts Qandil. Le mouvement y a néanmoins conservé une présence importante.
