Italie : des milliers d’étudiants dans la rue contre la dégradation des écoles et la réforme de Meloni

Italie : des milliers d’étudiants dans la rue contre la dégradation des écoles et la réforme de Meloni

Des dizaines de milliers d’étudiants ont manifesté vendredi 16 octobre dans plusieurs villes italiennes pour dénoncer la dégradation des établissements scolaires, le manque d’enseignants et l’insuffisance des financements publics. Baptisée « Journée sans Meloni », cette mobilisation nationale visait également la nouvelle loi sur l’éducation portée par la coalition de droite de la Première ministre Giorgia Meloni. Des heurts ont éclaté à Turin, où les forces de l’ordre ont fait usage de canons à eau et de gaz lacrymogène.

Les rues de Rome, Milan et Turin ont été investies par des milliers de jeunes descendus réclamer de meilleures conditions d’apprentissage et des investissements supplémentaires dans le système éducatif. Les manifestants ont dénoncé l’état des bâtiments scolaires, les difficultés rencontrées par les élèves et le manque de personnel enseignant. Leur mobilisation s’inscrit dans un mouvement de contestation plus large, marqué par des revendications similaires en France depuis la fin septembre.

À Turin, dans le nord-ouest du pays, le rassemblement a dégénéré lorsque des dizaines de manifestants ont lancé des pierres, des bouteilles et des fusées éclairantes en direction des forces de l’ordre, selon des témoins. La police a riposté en utilisant des canons à eau et des gaz lacrymogènes. Dans les autres villes, les manifestations se sont déroulées majoritairement dans le calme.

À Rome et à Milan, les participants ont scandé des slogans et brandi des pancartes en soutien aux étudiants français. Certains ont repris en français le slogan « Tout le monde déteste la police », illustrant la volonté des manifestants italiens d’inscrire leur mobilisation dans une dynamique européenne de contestation autour de l’éducation et des politiques publiques.

Au-delà des revendications portant sur les infrastructures et les moyens humains, la mobilisation cible directement la politique éducative du gouvernement de Giorgia Meloni. Les étudiants s’opposent notamment à une nouvelle loi sur l’éducation proposée par la coalition de droite au pouvoir. Le texte prévoit de réduire la proportion d’étudiants étrangers ne parlant pas italien à compter de la prochaine année universitaire.

Cette disposition nourrit les inquiétudes d’une partie des manifestants, qui contestent les orientations du gouvernement en matière d’accès à l’éducation. Les protestataires réclament parallèlement le recrutement de davantage d’enseignants, la rénovation des établissements et une amélioration générale des conditions d’apprentissage.

En France, des manifestations se déroulent depuis le 21 septembre dans plusieurs lycées pour dénoncer la pénurie d’enseignants, la surcharge des classes et la dégradation des bâtiments scolaires. Les élèves mettent notamment en cause l’insuffisance persistante des investissements publics dans l’éducation.

La mobilisation italienne témoigne ainsi de la convergence de revendications étudiantes qui dépassent les frontières nationales. Derrière les appels à davantage de moyens et à de meilleures infrastructures, les manifestants contestent aussi les choix politiques de leurs gouvernements et réclament une réponse concrète aux difficultés qui affectent leurs établissements.

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