Ebola : le Nigeria confirme un premier cas à Abuja, les craintes d’une propagation en Afrique s’accentuent
Le Nigeria a confirmé son premier cas d’Ebola à Abuja, après le test positif d’une femme arrivée par avion d’Ouganda. Cette détection intervient alors qu’une épidémie de grande ampleur sévit en République démocratique du Congo (RDC) et que plusieurs infections ont été recensées au Kenya. Les autorités sanitaires renforcent les dispositifs de surveillance et de traçage des contacts afin de limiter les risques de transmission.
Selon le ministère fédéral nigérian de la Santé et des Affaires sociales, la patiente a commencé à présenter des symptômes le 7 octobre, avant d’être admise dans un hôpital privé de la capitale le 11 octobre. Les examens ont ensuite confirmé son infection par le virus Ebola.
Le ministre nigérian de la Santé, Muhammad Pate, a annoncé que les services sanitaires avaient engagé des opérations pour retrouver 44 personnes ayant été en contact avec la patiente. « Nous mettons tout en œuvre pour contenir ce cas en retraçant tous les contacts que la personne concernée a pu avoir », a-t-il déclaré.
La confirmation de cette infection place le pays le plus peuplé d’Afrique face à un risque sanitaire qui mobilise déjà plusieurs États du continent. L’identification rapide des personnes exposées, leur surveillance pendant la période d’incubation et l’isolement des éventuels nouveaux cas constituent désormais les principales priorités des autorités.
Le Kenya recense neuf cas
Au Kenya, le ministère de la Santé a confirmé mardi un neuvième cas d’Ebola. Le patient, un homme de 24 ans, avait été placé en quarantaine avant de développer des symptômes. Il a été isolé, testé puis pris en charge dès la confirmation de son infection, selon les autorités sanitaires.
Ce nouveau cas est lié au premier patient infecté recensé au Kenya, un homme qui avait voyagé depuis la République démocratique du Congo en passant par l’Ouganda. Il était décédé dans un hôpital de Nairobi le 5 octobre.
Le directeur général de la Santé, Patrick Amoth, a précisé que les neuf cas recensés au Kenya appartenaient à un même foyer de transmission. À ce stade, les autorités n’ont identifié aucune preuve de propagation en dehors de ce groupe.
Huit patients se trouvaient dans un état stable et répondaient favorablement au traitement, selon le ministère. Sur les 135 personnes identifiées comme contacts, 134 avaient été localisées et placées en quarantaine. Les autorités prévoyaient que les premières personnes ayant achevé leur période de surveillance de 21 jours sans développer de symptômes puissent regagner leur domicile à partir du 25 octobre.
Le ministère a également indiqué qu’aucune infection n’avait été détectée dans les centres de quarantaine. Il a assuré que les mesures de prévention et de contrôle des infections faisaient l’objet d’une surveillance continue, notamment pour protéger le personnel médical.
Malgré ces neuf cas, le Kenya n’a pas imposé de restrictions aux déplacements, aux échanges commerciaux ou aux rassemblements publics. Les autorités maintiennent ainsi les activités habituelles tout en poursuivant les opérations de surveillance sanitaire.
La situation demeure particulièrement préoccupante en République démocratique du Congo, où plus de 9 000 cas d’Ebola et plus de 4 000 décès ont été recensés depuis mai, selon les chiffres rapportés dans les informations disponibles. Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies considère cette flambée comme la deuxième plus importante jamais enregistrée.
La lutte contre l’épidémie est compliquée par la souche Bundibugyo du virus, pour laquelle il n’existe, selon les informations citées, ni vaccin homologué ni traitement spécifique. Cette situation limite les moyens de prévention et de prise en charge ciblés, même si les mesures d’isolement, le suivi des contacts et les soins de soutien demeurent essentiels.
L’Ouganda, qui avait précédemment signalé des cas, avait ensuite été déclaré exempt du virus. Le fait que la patiente diagnostiquée au Nigeria soit arrivée de ce pays souligne l’importance de la surveillance des déplacements, sans permettre à lui seul d’établir le lieu exact de son infection.
La confirmation du cas nigérian ne signifie pas qu’une transmission généralisée s’est installée dans le pays. Elle renforce néanmoins les inquiétudes concernant la circulation du virus entre plusieurs États africains, alors que des chaînes de transmission sont toujours suivies en Afrique centrale et de l’Est.
Pour les autorités sanitaires, la priorité est désormais de circonscrire les infections identifiées, de retrouver toutes les personnes susceptibles d’avoir été exposées et de détecter rapidement tout nouveau cas. L’efficacité de ces mesures sera déterminante pour empêcher l’apparition de foyers supplémentaires et limiter les conséquences de l’épidémie à l’échelle régionale.
