Al-Aqsa reste fermée pour l’Aïd al-Fitr et célébrations restreintes dans le Golfe

Al-Aqsa reste fermée pour l’Aïd al-Fitr  et célébrations restreintes dans le Golfe

Pour la première fois depuis la guerre de 1967, la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem est restée fermée lors de l’Aïd al-Fitr, privant des milliers de fidèles musulmans de l’accès à l’un des lieux les plus sacrés de l’islam. Cette décision, qui marque un tournant dans l’histoire récente de Jérusalem, intervient dans un contexte de tensions régionales exacerbées et de crise sécuritaire majeure.

Vendredi matin, les forces de sécurité israéliennes ont évacué les abords de la mosquée et maintenu les portes closes. Selon les autorités israéliennes, cette mesure était justifiée par « des raisons de sécurité » liées à la guerre en cours entre Israël et l’Iran, qui a entraîné des frappes sur des installations pétrolières et gazières dans le Golfe persique. La fermeture, en vigueur depuis fin février 2026, a empêché l’accès au complexe pendant l’ensemble des derniers jours du Ramadan, y compris Laylat al-Qadr, les prières du vendredi et l’Aïd.

« Cette restriction sans précédent a empêché des milliers de Palestiniens de célébrer l’une des fêtes religieuses les plus importantes de l’année sur l’un des sites les plus sacrés de l’islam », a dénoncé le Haut Comité présidentiel pour les affaires ecclésiastiques en Palestine. Les images et vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des fidèles tentant de prier au plus près des portes closes, tandis que d’autres ont été dispersés par les forces de l’ordre. Une vidéo obtenue par CNN montre des personnes fuyant une rue adjacente alors qu’un panache de fumée s’élève, sans que l’origine exacte de cet incident soit confirmée. Un porte-parole de la police israélienne a indiqué que toute personne s’approchant des portes avait été dispersée.

L’esplanade des Mosquées (Haram al-Sharif), connue des Juifs sous le nom de Mont du Temple, revêt une importance religieuse majeure pour les deux confessions. Ces dernières décennies, le site a été le théâtre de nombreuses tensions : restrictions d’accès imposées aux musulmans palestiniens, projets de fouilles archéologiques contestés, et expulsions de familles palestiniennes dans les quartiers environnants. La fermeture de l’Aïd, pour la première fois en 60 ans, souligne la fragilité de la situation et la politisation de ce lieu saint.

Cette fermeture s’inscrit dans un contexte régional particulièrement tendu. La guerre opposant Israël, soutenu par les États-Unis, à l’Iran a provoqué des attaques sur des installations pétrolières et gazières, accentuant les craintes sécuritaires et modifiant les pratiques religieuses dans plusieurs pays du Golfe.

Aux Émirats arabes unis, les prières de l’Aïd ne se déroulent pas en public comme le veut la tradition, mais uniquement à l’intérieur des mosquées, afin de garantir la sécurité et de gérer les flux de fidèles. Au Koweït, la grande mosquée n’a accueilli aucun fidèle cette année, invoquant « des problèmes de sécurité persistants ». D’autres pays de la région ont adopté des mesures similaires, transformant une fête habituellement joyeuse en un moment plus sobre et prudent.

Ces restrictions, à Jérusalem comme dans le Golfe, illustrent comment le conflit israélo-iranien et l’instabilité régionale rejaillissent directement sur la vie religieuse et quotidienne des musulmans, en une période sacrée de célébration et de recueillement. La pandémie de sécurité semble ainsi avoir remplacé la tradition, et pour de nombreux fidèles, l’Aïd 2026 restera marqué par l’absence de rassemblements et de prières sur les lieux saints.

Des Palestiniens interrogés sur place ont exprimé leur frustration et leur incompréhension. « Nous avons attendu toute l’année pour prier à Al-Aqsa, c’est notre droit le plus sacré », confie un fidèle, le visage empreint de tristesse. Des associations religieuses et des représentants politiques palestiniens ont dénoncé cette mesure comme une atteinte à la liberté de culte et un précédent dangereux, appelant la communauté internationale à intervenir pour garantir l’accès aux lieux saints.

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