Liban sous le feu : Israël coupe le Sud en détruisant les ponts du Litani, la crainte d’un “scénario Gaza” s’intensifie
Lundi, L’aviation israélienne a intensifié ses frappes dans le sud du Liban pays, visant non seulement des positions présumées du Hezbollah, mais aussi des infrastructures civiles vitales, notamment les ponts stratégiques enjambant le fleuve Litani.
un raid aérien a frappé la localité d’Al-Shahabiya, dans le district de Tyr, faisant au moins un mort et un blessé. Dans le même temps, plusieurs bombardements ont visé des zones à l’est, notamment dans la région de Baalbek, ainsi que plusieurs localités du sud. Mais c’est surtout la destruction systématique des ponts sur le Litani qui suscite une vive inquiétude.
En détruisant des ouvrages comme ceux de Qaqaiya et Qasmiyeh, Israël ne se contente pas de frapper des cibles militaires : il fragmente le territoire libanais. Ces ponts constituent des axes essentiels reliant le sud du pays au reste du territoire. Leur destruction revient à isoler des régions entières, compliquant l’accès aux secours, entravant les déplacements des civils et aggravant une crise humanitaire déjà critique.
Cette stratégie s’inscrit dans une logique assumée par certains responsables israéliens. Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a évoqué ouvertement l’idée d’appliquer au Liban un modèle similaire à celui imposé à Gaza, suggérant un contrôle territorial étendu jusqu’au Litani. Une déclaration qui alimente les craintes d’une transformation du sud libanais en zone de confrontation durable, voire d’occupation partielle.
De son côté, le ministre de la Défense Yisrael Katz, en coordination avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, a ordonné l’intensification des frappes sur les infrastructures, incluant la destruction des ponts et des habitations proches de la frontière.
Face à cette escalade, la réaction internationale reste prudente mais préoccupée. Égypte a fermement condamné ces frappes, dénonçant une violation flagrante du droit international et une atteinte à la souveraineté libanaise. Le Caire met en garde contre les conséquences d’une éventuelle offensive terrestre, qui risquerait d’aggraver encore davantage la situation humanitaire.
Sur le terrain, les conséquences sont déjà lourdes. Plus d’un million de personnes auraient été déplacées, tandis que le bilan humain dépasse désormais les mille morts, dont de nombreux civils. Les infrastructures détruites, les routes coupées et l’intensification des combats plongent le pays dans une crise multidimensionnelle.
