Irak : les autorités saisissent 375 kg d’or dans une vaste opération anticorruption, de nombreuses personnalités arrêtées

Irak : les autorités saisissent 375 kg d’or dans une vaste opération anticorruption, de nombreuses personnalités arrêtées

Les autorités irakiennes ont annoncé, lundi 13 juillet 2026, la récupération de 375 kilogrammes d’or dans le cadre d’une vaste enquête pour corruption visant de hauts responsables de l’État. Cette saisie spectaculaire constitue l’un des plus importants succès enregistrés par la justice irakienne dans sa lutte contre les détournements de fonds publics et illustre la détermination affichée par le gouvernement à démanteler les réseaux de corruption enracinés depuis des années au sein des institutions.

Selon le Conseil supérieur de la magistrature, cette importante quantité d’or est liée à l’affaire d’Adnan al-Jumaili, ancien sous-secrétaire au ministère du Pétrole chargé du raffinage, actuellement placé en détention pour des accusations de corruption, de détournement de fonds et d’enrichissement illicite.

Le juge d’instruction Diaa Jaafar, chargé du tribunal pénal spécialisé dans les affaires de corruption, a précisé que 358 kilogrammes d’or avaient été retrouvés grâce à une opération menée en coordination avec les autorités de la région du Kurdistan, sous la supervision du président du Conseil supérieur de la magistrature, le juge Faiq Zaidan.

Une seconde opération distincte a ensuite permis la saisie de 17 kilogrammes supplémentaires, portant le total récupéré au cours de la seule journée du 13 juillet à 375 kilogrammes d’or.

Les autorités estiment que ces lingots et objets précieux faisaient partie des avoirs détournés dans le cadre d’un vaste système de corruption impliquant plusieurs hauts responsables administratifs et politiques.

Cette récupération intervient quelques semaines après le lancement de la vaste campagne anticorruption baptisée « Opération Aube », initiée par le cabinet du Premier ministre Ali al-Zaidi.

À la fin du mois de juin, les forces de sécurité irakiennes avaient mené des opérations simultanées jusque dans la Zone verte ultra-sécurisée de Bagdad, siège des principales institutions de l’État. Des dizaines de responsables politiques, de hauts fonctionnaires et d’anciens dirigeants avaient alors été interpellés pour des soupçons de corruption, de blanchiment d’argent et de détournement de fonds publics.

Cette offensive judiciaire est née à la suite des aveux attribués à Adnan al-Jumaili après son arrestation en mai dernier. Les enquêteurs affirment que ses déclarations ont permis de remonter jusqu’à un vaste réseau impliquant plusieurs personnalités influentes.

Les investigations révèlent que de nombreux suspects auraient cherché à dissimuler leurs richesses afin d’échapper aux saisies judiciaires.

Depuis le début de l’opération, les services de sécurité découvrent régulièrement des caches contenant des sommes considérables en espèces ainsi que des métaux précieux. Plusieurs personnes auraient également tenté de faire sortir clandestinement de l’argent et de l’or hors du territoire irakien avant leur arrestation.

Au début du mois de juillet, les autorités avaient déjà annoncé la récupération de 14 milliards de dinars irakiens, soit environ 10,7 millions de dollars, découverts dans des conduites souterraines spécialement aménagées pour cacher ces fonds.

Avec cette nouvelle saisie, le montant total des espèces récupérées dans l’affaire Jumaili dépasse désormais 130 millions de dollars, auxquels s’ajoutent les 375 kilogrammes d’or, dont la valeur se chiffre en plusieurs dizaines de millions de dollars supplémentaires.

Le gouvernement irakien a confirmé l’arrestation d’au moins 21 personnes dans le cadre de cette campagne anticorruption, même si plusieurs médias irakiens avaient initialement évoqué 47 interpellations.

Parmi les personnalités concernées figurent notamment :Muthanna al-Samarrai, chef de l’Alliance sunnite Azm ;Mohammed Jamil al-Mayahi, ancien gouverneur de la province de Wasit ;Ali Ma’arij al-Bahadli, sous-secrétaire au ministère du Pétrole ;Ibrahim al-Sumaidaie, ancien conseiller principal de l’ex-Premier ministre Mohammed Shia’ al-Sudani.

Les enquêteurs poursuivent leurs investigations afin d’identifier d’autres responsables susceptibles d’avoir participé au système de détournement ou d’avoir bénéficié de fonds publics illicitement acquis.

L’offensive menée par le gouvernement d’Ali al-Zaidi bénéficie d’un soutien important au sein de la population irakienne, lassée par des années de scandales financiers ayant fragilisé les institutions du pays.

De nombreuses personnalités politiques, des responsables religieux ainsi que des représentants de la société civile saluent cette campagne, estimant qu’elle constitue une étape majeure vers le rétablissement de la confiance dans les institutions de l’État.

Les autorités assurent que les enquêtes se poursuivront jusqu’à la récupération de l’ensemble des biens détournés et que tous les responsables impliqués, quel que soit leur rang, devront répondre de leurs actes devant la justice. Cette opération est désormais considérée comme l’une des plus vastes offensives anticorruption jamais menées en Irak.

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