Soudan :Les FSR ciblent la résidence du gouverneur du Nil-Bleu
Les autorités soudanaises ont annoncé, hier, que des drones appartenant aux Forces de soutien rapide (FSR) avaient ciblé la résidence du gouverneur de l’État du Nil-Bleu ainsi que plusieurs sites civils dans la ville de Damazine, capitale de cet État situé dans le sud-est du pays. L’attaque intervient alors que les combats s’intensifient dans cette partie du Soudan et que les FSR multiplient depuis plusieurs jours leurs opérations contre différentes positions et zones de l’État.
Le gouverneur du Nil-Bleu, Ahmed Al-Omda, a indiqué dans un communiqué relayé par des médias que les FSR avaient mené leur attaque «au moyen de drones suicides» contre sa résidence et plusieurs sites civils de Damazine. Les forces de défense antiaérienne ont riposté à l’offensive, alors que les appareils sans pilote visaient plusieurs secteurs de la capitale de l’État.
Les autorités soudanaises n’ont pas fait état dans l’immédiat d’un bilan précis concernant d’éventuelles victimes ou les dégâts provoqués par les frappes. L’utilisation de drones dans les zones urbaines constitue néanmoins un nouveau signe de l’intensification des opérations militaires et de l’évolution des méthodes utilisées par les belligérants dans une guerre qui dure depuis plus de trois ans.
Ahmed Al-Omda a affiché sa détermination à poursuivre le combat aux côtés de l’armée soudanaise. Il a affirmé que l’attaque «ne nous détournera pas de la poursuite de la lutte et de la défense de la patrie, ni de notre action visant à libérer chaque parcelle du territoire soudanais de la rébellion et de l’agression».
Cette déclaration intervient alors que la pression militaire s’accroît sur le Nil-Bleu. Depuis plusieurs jours, plusieurs secteurs de l’État sont confrontés à des attaques attribuées aux Forces de soutien rapide, faisant craindre une extension des combats dans une région jusque-là moins exposée que le Darfour ou le Kordofan.
L’attaque contre Damazine intervient ainsi dans une phase où le conflit connaît une multiplication des fronts. Alors que les combats se poursuivent dans l’ouest et le centre du pays, le Nil-Bleu devient à son tour une zone de forte tension, faisant peser une pression supplémentaire sur les populations civiles.
À l’instar du Nil-Bleu, les États du Kordofan et du Darfour restent le théâtre de combats continus entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide. Ces régions connaissent depuis plusieurs mois des affrontements particulièrement violents, alors que chaque camp tente de consolider ses positions et de contrôler les principaux axes de communication et les centres urbains.
Le conflit a commencé en avril 2023 lorsque les tensions entre l’armée soudanaise dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhane et les Forces de soutien rapide commandées par le général Mohamed Hamdane Daglo, dit «Hemedti», ont dégénéré en affrontements ouverts.
Depuis, les combats se sont étendus à une grande partie du territoire. L’armée soudanaise a réussi à reprendre le contrôle de plusieurs secteurs importants, notamment dans la capitale, mais les FSR conservent de vastes zones d’influence, en particulier dans l’ouest du pays.
Cette fragmentation militaire a profondément désorganisé le Soudan. De nombreuses infrastructures ont été détruites ou endommagées, tandis que les services publics fonctionnent difficilement dans plusieurs régions. Les déplacements de population se poursuivent également au rythme des offensives et des changements de contrôle territorial.
La guerre a provoqué une catastrophe humanitaire d’une ampleur considérable. Selon des estimations onusiennes et internationales, les combats ont fait des dizaines de milliers de morts et entraîné le déplacement d’environ 13 millions de personnes.
Des millions de Soudanais ont été contraints de quitter leurs habitations pour échapper aux combats. Certains ont trouvé refuge dans d’autres régions du pays, souvent elles-mêmes confrontées à l’insécurité et aux pénuries, tandis que d’autres ont franchi les frontières pour rejoindre les pays voisins.
La poursuite des affrontements dans de nouvelles zones complique encore davantage les déplacements des populations et l’acheminement de l’aide humanitaire. Les organisations internationales doivent composer avec l’insécurité, la destruction des infrastructures et les difficultés d’accès à plusieurs régions.
La situation alimentaire est également particulièrement préoccupante. Les combats perturbent les activités agricoles, les circuits d’approvisionnement et les échanges commerciaux, alors que les populations déplacées dépendent largement de l’aide humanitaire.
Les Nations unies et la communauté internationale multiplient les appels à mettre fin aux hostilités afin d’éviter une aggravation de la catastrophe humanitaire. La progression des combats vers de nouveaux États risque toutefois de rendre encore plus difficile la réponse internationale.
Le conflit s’est désormais étendu à 13 des 18 États du Soudan. Cette extension géographique réduit progressivement les espaces relativement épargnés par la guerre et complique la mise en place de couloirs humanitaires permettant d’apporter de la nourriture, de l’eau et des soins aux populations touchées.
