Liban : un rare exercice militaire avec Londres, le désarmement du Hezbollah en ligne de mire

Liban : un rare exercice militaire avec Londres, le désarmement du Hezbollah en ligne de mire

L’armée libanaise entamera mardi un rare exercice militaire conjoint de trois semaines avec l’armée britannique, avec la participation des États-Unis et de plusieurs autres pays, dans un contexte marqué par les efforts internationaux visant à renforcer les capacités des forces libanaises et à accélérer leur déploiement sur l’ensemble du territoire.

Organisé avec le soutien de Londres, cet exercice intervient alors que l’armée libanaise se trouve au cœur d’un dispositif particulièrement sensible : elle doit progressivement prendre le contrôle du sud du pays, sécuriser la frontière avec Israël et, surtout, mettre en œuvre le processus de désarmement du Hezbollah, malgré l’opposition du mouvement chiite.

Les manœuvres comprendront notamment des exercices de reconnaissance, de perquisition et de combat en zone urbaine, ainsi que des opérations d’héliportage et des tirs de mortier. Elles réuniront une unité du Royal Regiment of Scotland, basée à Chypre, et le régiment héliporté de l’armée libanaise.

Des militaires américains et italiens participeront également à l’exercice, tandis que des représentants des armées française, chypriote, qatarie et jordanienne seront présents en qualité d’observateurs. Il s’agit du deuxième entraînement de ce type entre les armées britannique et libanaise, après un précédent exercice organisé en 2023.

Le Royaume-Uni figure parmi les principaux soutiens de longue date de l’armée libanaise. Londres lui fournit une aide financière et militaire et participe notamment à la formation de milliers de soldats dans le domaine de la sécurisation des frontières terrestres.

L’enjeu dépasse toutefois le cadre d’un simple entraînement militaire. L’armée libanaise, confrontée à un manque chronique de moyens et à des difficultés financières, est appelée à jouer un rôle central dans un processus politique et sécuritaire particulièrement délicat. Elle doit notamment étendre son déploiement dans le sud du pays, alors que le Hezbollah conserve une importante capacité militaire et rejette le principe d’un désarmement imposé.

Un accord-cadre conclu fin juin entre Beyrouth et Israël prévoit précisément le déploiement de l’armée libanaise dans le sud du pays ainsi qu’un retrait progressif des forces israéliennes, conditionné notamment au désarmement du Hezbollah. Mais la mise en œuvre de cet accord reste bloquée.

La question du renforcement de l’armée libanaise est ainsi devenue l’un des principaux axes des efforts diplomatiques internationaux. En septembre, le président français Emmanuel Macron avait reçu son homologue libanais Joseph Aoun ainsi que le roi de Jordanie Abdallah II afin de préparer un soutien international au déploiement des forces libanaises sur l’ensemble du territoire.

L’objectif affiché est de permettre à l’État libanais de reprendre progressivement le contrôle du monopole de la force, tout en ouvrant la voie au retrait israélien du sud du pays. Un processus qui reste cependant suspendu aux rapports de force internes et à la capacité de Beyrouth à imposer le désarmement du Hezbollah.

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