Syrie : Damas envisage de rejoindre le pacte de défense de La Mecque avec Riyad, Ankara et Islamabad
La Syrie pourrait bientôt rejoindre le pacte de défense conclu en août dernier entre l’Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie. Des discussions sont en cours pour examiner une éventuelle adhésion de Damas à cette alliance, dans un contexte de multiplication des attaques des rebelles houthis contre le territoire saoudien et de recomposition des équilibres sécuritaires au Moyen-Orient.
L’annonce a été faite samedi à Bahreïn par le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chibani, lors du dialogue de Manama, une conférence annuelle organisée dans la capitale bahreïnie. « Des discussions sont actuellement en cours pour évaluer l’adhésion de la Syrie à l’alliance de La Mecque », a-t-il indiqué, sans toutefois préciser le calendrier ni les modalités d’une éventuelle intégration.
Signé en août à La Mecque, ville sainte de l’islam, par l’Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie, cet accord prévoit qu’une attaque contre l’un des trois pays soit considérée comme une agression contre l’ensemble des membres. Cette disposition établit un principe de solidarité militaire entre Riyad, Ankara et Islamabad, alors que les tensions régionales alimentent les inquiétudes sécuritaires.
L’intérêt de Damas pour cette alliance intervient alors que l’Arabie saoudite figure parmi les principaux soutiens du nouveau pouvoir syrien, arrivé aux commandes après la chute de Bachar al-Assad à la fin de l’année 2024. Un rapprochement qui pourrait renforcer les liens politiques et sécuritaires entre les deux capitales, tout en offrant à la Syrie l’occasion de s’inscrire dans un dispositif régional porté par des puissances influentes.
Pour Riyad, l’élargissement de ce partenariat répond également à des préoccupations immédiates. Le royaume fait face à une intensification des attaques des Houthis du Yémen, soutenus par l’Iran, et cherche à consolider ses alliances pour mieux protéger ses infrastructures stratégiques. Le Pakistan et la Turquie n’ont cependant annoncé aucune opération militaire contre les Houthis depuis la signature de l’accord.
La mobilisation de partenaires extérieurs se manifeste également sur le plan occidental. En octobre, le président français Emmanuel Macron, en déplacement à Riyad, avait annoncé l’envoi de militaires français afin de contribuer à la protection d’un important terminal pétrolier saoudien contre les attaques des Houthis. Le gouvernement britannique a, de son côté, annoncé le déploiement d’avions de chasse pour renforcer les capacités défensives du royaume.
Une éventuelle adhésion syrienne donnerait ainsi une nouvelle dimension à cette alliance, qui pourrait dépasser son format initial à trois membres. Elle placerait aussi Damas au cœur d’une architecture sécuritaire régionale dont les contours restent à définir, notamment face aux menaces représentées par les Houthis et aux tensions persistantes avec Téhéran.
