Italie : l’ancienne entraîneuse de gymnastique comparait pour harcèlement et abus sur mineurs
Rome, 10 février 2026 – L’ancienne entraîneuse de l’équipe italienne de gymnastique rythmique, Emanuela Maccarani, comparaît mardi devant le tribunal de Monza, près de Milan, accusée de harcèlement et d’abus sexuels sur mineurs. Ce procès relance le débat sur le traitement des jeunes athlètes en Italie, à quelques jours des Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina 2026.
Les accusations contre Maccarani remontent à trois ans, lorsque deux gymnastes italiennes prometteuses, Nina Corradini et la double championne du monde Anna Basta, ont révélé avoir quitté la gymnastique durant leur adolescence suite à des abus psychologiques présumés. Corradini et Basta se sont portées parties civiles, aux côtés de Beatrice Tornatore, Francesca Mayer et de l’association Change The Game, qui lutte contre les violences dans le sport.
Maccarani, 59 ans, nie ces accusations. Cinq gymnastes ayant travaillé avec elle ont témoigné en sa faveur lors d’une audience préliminaire en septembre.
Selon Daniela Simonetti, fondatrice de Change The Game, « ce procès remet en question des méthodes qui causent souvent souffrance, traumatisme et conséquences graves pour les garçons et les filles en général. Il s’agit d’un débat sur la conception du sport et la manière de gérer les jeunes athlètes ».
Pendant près de trente ans à la tête du Centre national d’entraînement de Desio, Maccarani a conduit l’Italie au sommet d’une discipline historiquement dominée par les pays de l’ex-bloc soviétique. Mais ses méthodes ont été critiquées : les gymnastes, souvent très jeunes et loin de leurs familles, subissaient des pesées publiques quotidiennes et adoptaient des régimes extrêmes. Certaines prenaient des laxatifs, d’autres étaient réprimandées pour avoir mangé une simple poire.
L’affaire avait semblé se clore en septembre 2023, lorsque le tribunal disciplinaire de la Fédération italienne de gymnastique (FGI) lui avait infligé un simple avertissement. Cependant, en mars 2025, la FGI a finalement limogé Maccarani, invoquant l’ouverture d’un « nouveau cycle en vue des Jeux olympiques de Los Angeles 2028 ».
Pour Corradini, ce procès et le changement de direction de l’équipe nationale sont un espoir pour les jeunes athlètes : « Elles vont désormais vivre une expérience différente, loin de la peur et du harcèlement ».
