Stade Omar Hamadi de Bologhine : Polémique autour de sa démolition pour un jardin botanique
Le mythique Stade Omar Hamadi, plus connu sous le nom de Stade de Bologhine, se retrouve au cœur d’une polémique qui divise Alger. Construit en 1935 sous l’ère coloniale – alors appelé Stade Roger-Lapergue ou Stade de Saint-Eugène – le site fut rebaptisé en 1995 en hommage à Omar Hamadi, figure de la révolution algérienne. Pendant près d’un siècle, il a été le théâtre des exploits de l’USM Alger (USMA), accueillant également ponctuellement le MC Alger et d’autres clubs locaux, et s’imposant comme un symbole du football algérien.
Depuis 2022, le stade est fermé aux compétitions officielles. Les expertises menées par le CTC – Contrôle Technique des Constructions et des bureaux d’études comme Bereg ont révélé une dégradation structurelle inquiétante : corrosion avancée due à la proximité de la mer Méditerranée, fissures majeures, fondations affaiblies et cavités sous les gradins. Trois des quatre tribunes ont été classées en « zone rouge », rendant le site dangereux pour le public. Toute rénovation lourde a été jugée irréalisable : les coûts exorbitants, les contraintes d’espace et la nécessité de reconstruire intégralement pour répondre aux normes modernes ont conduit les autorités à abandonner cette option.
Face à ce constat, la wilaya d’Alger a opté pour une reconversion radicale : transformer l’emprise du stade en jardin botanique ou parc végétal. L’objectif affiché : combler le déficit d’espaces verts dans un quartier densément peuplé, où le parc de Malakoff constitue le seul poumon vert notable. Le projet vise à créer un lieu écologique, social et accessible aux habitants, tout en évitant un site laissé à l’abandon. Les procédures administratives sont déjà en cours, avec l’évacuation des commerces et locaux attenants annoncée dès janvier 2025 par le président de l’APC de Bologhine.
La décision a provoqué une onde de choc parmi les supporters de l’USMA, pour qui le stade n’est pas qu’un terrain : c’est un temple de souvenirs, un lieu chargé d’histoire et d’émotion. Sur les réseaux sociaux, les réactions indignées fusent : pétitions, vidéos, témoignages, tous réclament la préservation de l’âme de Bologhine. Certains rappellent même que ce stade fut le premier occupé par un club indigène pour battre les équipes coloniales, un symbole fort pour l’ensemble du football algérien.D’autres voix, plus pragmatiques, soulignent la dangerosité réelle du site et reconnaissent l’intérêt de créer un espace vert.
