Imane Khelif, un nom écarté suite à la polémique dans un lycée de Meyzieu

Imane Khelif, un nom écarté suite à la polémique dans un lycée de Meyzieu

La Région Auvergne-Rhône-Alpes a définitivement tourné la page du projet de salle Imane Khelif au lycée Arnaud-Beltrame de Meyzieu. En adoptant un nouveau règlement encadrant la dénomination de ses lycées et de leurs équipements, la collectivité a enterré une initiative qui avait pourtant été portée par la communauté éducative dans un esprit d’égalité et de valorisation des figures féminines inspirantes.

Au départ, la démarche semblait presque banale. Dans le cadre d’un travail mené par le club égalité filles-garçons, plusieurs noms avaient été proposés aux élèves et aux personnels de l’établissement. Parmi eux figuraient Gisèle Halimi, Olympe de Gouges et Imane Khelif. C’est finalement le nom de la boxeuse algérienne, championne olympique à Paris 2024, qui avait été retenu. Pour les porteurs du projet, il s’agissait de donner à la salle polyvalente un symbole fort, associé à la détermination, au dépassement de soi et à la réussite sportive.

Mais très vite, le choix a dépassé le cadre de l’établissement. La polémique a enflé après l’intervention d’élus du Rassemblement national, qui ont dénoncé un hommage jugé provocateur dans un contexte où la sportive algérienne reste au cœur de controverses internationales sur l’équité dans le sport féminin. La Région a alors durci le ton, avant d’aller jusqu’à fixer un cadre général qui rend désormais quasi impossible ce type de dénomination pour des espaces internes d’établissements.

Dans le lycée, plusieurs élèves disent avoir mal vécu cette montée en tension. Beaucoup expliquent avoir eu le sentiment qu’un projet scolaire pensé pour valoriser des modèles féminins s’est transformé en affaire politique. Pour eux, l’essentiel n’était pas la controverse extérieure, mais le message porté à l’intérieur de l’établissement.

Tous les élèves n’étaient cependant pas enthousiastes à l’idée de baptiser la salle du nom d’une personnalité encore vivante et controversée. Certains reconnaissent avoir été gênés par le choix initial, non par hostilité à la sportive, mais par crainte d’une récupération politique ou médiatique.

« Franchement, je trouvais que ça allait créer des problèmes, raconte un élève de première. Dans un lycée, on peut choisir un nom plus neutre, qui rassemble tout le monde. » Une autre lycéenne dit avoir compris la volonté de mettre en avant une femme inspirante, mais juge que le projet aurait gagné à éviter une figure au centre d’un débat international. « Sur le fond, l’idée était bonne. Sur la forme, c’était forcément explosif », résume-t-elle.

Ce malaise reflète une ligne de fracture plus large dans l’établissement. D’un côté, ceux qui voient dans cette affaire un simple hommage à une championne olympique et un geste en faveur de l’égalité. De l’autre, ceux qui estiment que l’école n’a pas vocation à s’embarquer dans des batailles symboliques aussi exposées.

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