Mercato : Les anciens internationaux sont-ils devenus l’obsession des clubs algériens ?
Et si le mercato algérien était devenu prévisible ? À chaque intersaison, le même scénario se répète : les grands clubs se lancent dans la course aux anciens internationaux passés par les championnats européens. Cette année encore, Rachid Ghezzal est annoncé du côté de la JS Kabylie, Adam Ounas figure parmi les priorités du MC Alger, tandis qu’Alexandre Oukidja s’est engagé avec l’ES Sétif. Ces noms prestigieux font naître l’espoir de voir revenir des joueurs capables d’élever le niveau de la Ligue 1 et de redonner de l’élan à leurs équipes.
Derrière cet engouement, une question de fond s’impose pourtant. Les clubs algériens privilégient-ils ces profils parce qu’ils représentent une réelle valeur ajoutée, ou parce qu’ils peinent à bâtir un projet sportif reposant sur la formation, la stabilité et la valorisation des jeunes talents ? En d’autres termes, ces recrutements traduisent-ils une stratégie mûrement réfléchie ou une recherche de résultats immédiats dictée par la pression des supporters et l’exigence de performances ?
Sur le papier, l’intérêt de ces joueurs est incontestable. Leur expérience acquise dans les plus grands championnats européens, leur vécu international et leur exigence professionnelle constituent des atouts précieux pour des effectifs souvent en quête de leadership. Leur arrivée peut également renforcer l’image des clubs, attirer les médias, séduire les sponsors et redonner de l’attractivité au championnat.
Mais l’histoire récente invite à la prudence. Plusieurs retours très médiatisés n’ont pas répondu aux attentes, rappelant qu’un parcours prestigieux ne garantit ni la réussite sportive ni un rendement à la hauteur des investissements consentis. À cela s’ajoutent des contraintes financières importantes, les salaires de ces joueurs étant souvent difficiles à concilier avec les réalités économiques du football algérien.
Dès lors, le débat dépasse la simple question du recrutement. Il interroge la capacité des clubs à construire un modèle durable, où l’expérience des anciens internationaux viendrait compléter l’émergence des jeunes talents plutôt que s’y substituer. Car si ces joueurs peuvent apporter un supplément de qualité et de leadership, ils ne peuvent, à eux seuls, résoudre les défis structurels auxquels le football algérien reste confronté.
