Coups bas avant 2027 : la FIFA pointe une campagne de l’UEFA contre Infantino
La FIFA a accusé l’UEFA de mener une « campagne de diffamation » contre son président, Gianni Infantino, dans une nouvelle escalade liée au projet avorté de vente de parts des droits commerciaux de la Coupe du monde. Pour l’instance internationale, les demandes de documents déposées par l’UEFA devant des tribunaux américains ne sont « guère plus que des communiqués de presse » destinés à alimenter cette campagne de dénigrement.
Tout part d’un projet controversé révélé fin juillet 2026 : la création d’une filiale chargée de gérer certains droits commerciaux des Coupes du monde, avec la vente de 20% de cette entité à des investisseurs privés, dont le fonds Thrive Capital de Joshua Kushner, pour un montant évoqué d’environ 4,2 milliards de dollars . Rapidement dénoncé comme un « accord opaque conclu en coulisses », le plan a provoqué une vive opposition, en particulier de l’UEFA, qui a menacé de boycotter les compétitions de la FIFA s’il n’était pas abandonné . Face à la pression, la FIFA a fini par renoncer, mais l’affaire est loin d’être close.
Fin août, l’UEFA a franchi un cap en demandant à des juges fédéraux américains l’autorisation d’obtenir des documents et des témoignages auprès d’entités de la FIFA aux États-Unis et de Thrive Capital, en vue d’une éventuelle plainte pénale en Suisse contre Infantino pour « gestion déloyale » . La FIFA riposte en qualifiant ces démarches de « fishing expedition » sans fondement juridique, soulignant qu’aucune procédure pénale n’est encore ouverte en Suisse et que l’UEFA n’a subi, selon elle, aucune perte financière lui donnant qualité pour agir. Elle accuse également l’instance européenne d’avoir contourné illégalement les tribunaux suisses en s’adressant directement à la justice américaine.
Derrière cette bataille procédurale se profile un enjeu politique majeur : la réélection d’Infantino, prévue en mars 2027 pour un quatrième et dernier mandat . L’UEFA, par la voix de son président Aleksander Čeferin, a renoncé à présenter un candidat, mais n’a pas caché son souhait de voir Infantino destitué, multipliant les critiques sur sa manière de diriger la FIFA. Dans le même temps, Infantino conserve des soutiens importants, notamment au sein de la CONCACAF et de l’AFC, même si certaines fédérations continentales ont cosigné une lettre ferme estimant que « diriger dans le football n’est pas une question de propriété » et appelant la FIFA à redevenir « une institution au service du football, et non un instrument de pouvoir individuel ».
