Mercosur : Jordan Bardella maintient la pression et annonce une motion de censure malgré l’opposition française
8 janvier 2026, Jordan Bardella, président du Rassemblement National (RN), a annoncé que son parti déposerait une motion de censure contre le gouvernement de Sébastien Lecornu à l’Assemblée nationale, ainsi qu’une autre contre la Commission européenne au Parlement européen. Cette décision intervient malgré l’annonce, le même jour, par Emmanuel Macron que la France voterait contre l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur.
Dans un message posté sur X, Jordan Bardella accuse Emmanuel Macron d’une « manœuvre de communication aussi tardive qu’hypocrite ». « En prétendant aujourd’hui s’y opposer, après des années de négociations sans jamais défendre les intérêts français, il tente une mise en scène », écrit-il, qualifiant cela de « trahison des agriculteurs français ». Pour le leader du RN, le vote « contre » de la France ne change rien au fond : l’accord avancera grâce à la majorité qualifiée au Conseil de l’UE, et les concessions obtenues par Bruxelles restent insuffisantes pour protéger les filières agricoles françaises.
Emmanuel Macron a justifié le « non » français par un « rejet politique unanime » en France, évoquant les débats à l’Assemblée et au Sénat. Il reconnaît des « avancées incontestables » (clause de sauvegarde, contrôles renforcés), mais estime que l’accord, négocié sur des bases datant de 1999, est obsolète et expose les agriculteurs à une concurrence déloyale. Cependant, avec le ralliement récent de l’Italie et d’autres États, la France se retrouve isolée : le vote à la majorité qualifiée prévu le 9 janvier à Bruxelles devrait permettre à Ursula von der Leyen de signer l’accord.
Cette annonce coïncide avec une mobilisation massive des agriculteurs français, qui manifestent contre le Mercosur mais aussi contre d’autres dossiers comme la dermatose nodulaire. Des tracteurs ont envahi Paris, bloquant des axes majeurs et symbolisant la détresse du secteur.
La motion déposée par le Rassemblement national à l’Assemblée nationale a peu de perspectives d’adoption en l’absence de l’appui d’autres groupes politiques. Elle s’inscrit néanmoins dans une ligne d’opposition assumée et radicale du parti d’extrême droite, notamment sur les questions européennes et agricoles. Dans le même esprit, au Parlement européen, la motion visant Ursula von der Leyen prolonge une critique récurrente du RN à l’encontre de la Commission européenne.
Ces initiatives s’inscrivent dans un contexte de tensions persistantes autour de l’accord du Mercosur, négocié depuis plus de vingt-cinq ans, devenu un symbole des controverses sur la souveraineté alimentaire, la concurrence internationale et le poids de la France au sein de l’Union européenne.
