Les Clinton rejettent les assignations du Congrès sur leurs liens avec Epstein et refusent de témoigner
Le mardi 13 janvier 2026, l’ancien président américain Bill Clinton ne s’est pas présenté à une déposition à huis clos prévue devant la commission de surveillance et de réforme gouvernementale de la Chambre des représentants (House Oversight Committee), présidée par le républicain James Comer (Kentucky). Cette commission enquête sur les liens passés de personnalités avec le financier et délinquant sexuel Jeffrey Epstein, ainsi que sur la gestion gouvernementale du dossier.
Hillary Clinton, ancienne secrétaire d’État et candidate démocrate à l’élection présidentielle de 2016, était quant à elle convoquée pour le mercredi 14 janvier. Toutefois, le couple avait d’ores et déjà annoncé, dès le début de la semaine, son refus catégorique de comparaître. Dans une lettre de quatre pages adressée à James Comer et rendue publique, les Clinton contestent frontalement la légalité même des assignations à comparaître, qu’ils qualifient de « légalement invalides et inapplicables ».
Dans ce courrier au ton particulièrement ferme, ils avancent plusieurs arguments majeurs. Selon eux, ces subpoenas ne poursuivent aucun objectif législatif valable et constituent une violation manifeste du principe de séparation des pouvoirs. Ils dénoncent également une manœuvre purement partisane, affirmant que la commission agirait sur instruction directe du président Donald Trump dans le but de les exposer et de les embarrasser politiquement à l’approche des élections de mi-mandat de 2026.
Les Clinton mettent en avant un traitement qu’ils jugent profondément inégal. Ils rappellent que sept autres anciens hauts responsables de l’État – parmi lesquels d’anciens procureurs généraux et directeurs du FBI – ont vu leurs assignations annulées en échange de simples déclarations écrites sous serment. Une option qui, selon eux, leur a été systématiquement refusée malgré des demandes répétées. Le couple affirme par ailleurs avoir déjà transmis par écrit « le peu d’informations » dont il dispose concernant Jeffrey Epstein, tout en se disant prêt à défendre publiquement sa position devant l’ensemble de la commission, voire dans l’arène publique si nécessaire.
La réaction du président de la commission ne s’est pas fait attendre. Devant la presse, James Comer a déclaré après l’absence de Bill Clinton : « Il ne s’est pas présenté aujourd’hui. Personne n’accuse Bill Clinton de quoi que ce soit de répréhensible, nous avons seulement des questions. » Il a insisté sur le fait que l’assignation avait été votée à l’unanimité par la commission, démocrates compris, et a annoncé qu’une procédure pour entrave au Congrès serait engagée dès la semaine suivante contre l’ancien président, et potentiellement contre Hillary Clinton si elle persistait à ne pas comparaître.
Une telle procédure, si elle est validée par la commission puis par la Chambre des représentants dans son ensemble, pourrait conduire à une saisine du ministère de la Justice, avec à la clé des poursuites pénales. En théorie, celles-ci peuvent déboucher sur une amende et jusqu’à un an de prison, bien que ce type de sanction demeure rare dans les affrontements institutionnels de cette nature.
Dans leur lettre, les Clinton retournent également l’accusation contre James Comer, lui reprochant de ne pas avoir pleinement utilisé ses pouvoirs pour contraindre le ministère de la Justice à respecter la loi et à publier l’intégralité des documents liés à l’affaire Epstein, y compris ceux les concernant directement. Ils assurent être favorables à une divulgation complète de ces archives. Bill Clinton, de son côté, a toujours nié avoir eu connaissance des crimes commis par Epstein et affirme avoir rompu tout contact avec lui bien avant 2019.
