Les prix du pétrole chutent de plus de 3 % après les propos apaisants de Donald Trump sur l’Iran
Après six séances consécutives de hausse, les marchés pétroliers ont brutalement inversé la tendance ce jeudi 15 janvier 2026. Les cours du brut ont reculé de plus de 3 %, effaçant une large partie de la prime de risque géopolitique accumulée ces derniers jours, à la suite de déclarations jugées rassurantes du président américain Donald Trump sur la situation en Iran.
Vers 09h00, , le baril de Brent, référence mondiale, s’échangeait entre 64,37 et 64,61 dollars, enregistrant une baisse comprise entre 2,87 % et 3,22 % selon les marchés. Le West Texas Intermediate (WTI) américain reculait dans des proportions similaires, cédant environ 3 à 3,24 % pour s’établir autour de 60,00 à 60,16 dollars le baril.
Cette détente des prix est intervenue après des déclarations du président américain affirmant avoir reçu des assurances selon lesquelles la répression violente des manifestations en Iran — qualifiée par ses soins de « tueries » — aurait pris fin. « Ça s’arrête », a-t-il déclaré, laissant entendre un reflux des violences. Interrogé sur une éventuelle intervention militaire américaine, Donald Trump a temporisé : « On observera ça et on verra quelle est la suite », éloignant ainsi, au moins à court terme, la perspective d’une action armée.
Ces propos ont immédiatement rassuré les marchés, qui redoutaient un choc d’approvisionnement majeur, notamment via le détroit d’Ormuz, par lequel transite près de 20 % du pétrole mondial. Les jours précédents, les cours avaient atteint des plus hauts de trois mois, dopés par la répression sanglante en Iran, les menaces américaines — y compris l’évocation de droits de douane de 25 % sur les partenaires commerciaux de Téhéran — et la crainte d’une escalade régionale incontrôlée.
« Les cours baissent parce que Trump affirme que l’Iran s’abstiendra de nouvelles répressions meurtrières, ce qui réduit le risque d’un choc énergétique imminent », explique Kyle Rodda, analyste chez Capital.com. De son côté, Michael Wan, stratégiste chez MUFG, estime que le président américain « laisse entendre qu’une action militaire pourrait être différée, après les assurances reçues sur l’arrêt des violences ».
Ironie des marchés, cette chute intervient après une séance précédente marquée par une hausse notable. À la clôture officielle du mercredi 14 janvier, le Brent avait progressé de 1,05 dollar (+1,6 %) pour atteindre 66,52 dollars le baril, tandis que le WTI gagnait 87 cents (+1,42 %) à 62,02 dollars. Ces gains reflétaient alors la crainte d’une confrontation militaire directe entre Washington et Téhéran, susceptible de perturber les exportations iraniennes et de provoquer des représailles contre les intérêts américains dans la région.
Mais cette dynamique s’est rapidement essoufflée après la fin des échanges. À 15h18, heure de l’Est, le Brent avait déjà effacé l’essentiel de ses gains, reculant de 92 cents (-1,41 %) à 64,55 dollars le baril, tandis que le WTI chutait de 96 cents (-1,57 %) à 60,19 dollars.
« Le marché estime désormais qu’une attaque contre l’Iran est peu probable », résume Phil Flynn, analyste principal chez Price Futures Group. « Cela soutient les marchés actions, mais pèse mécaniquement sur les prix du pétrole. » Pour autant, les tensions restent bien réelles. Un responsable américain a confirmé que les États-Unis avaient procédé à un retrait préventif de troupes de plusieurs bases stratégiques au Moyen-Orient, par mesure de précaution face à un risque d’escalade.
