Yémen : Riyad consolide son contrôle avec la nomination de Shaea Muhssin Mohammed Al-Zindani comme Premier ministre
Le gouvernement yéménite reconnu internationalement, soutenu par l’Arabie saoudite, a procédé à un remaniement majeur de sa direction exécutive les 15 et 16 janvier 2026, marquant une étape supplémentaire dans la consolidation de l’influence saoudienne sur le pays. Le Premier ministre sortant, Salem bin Breik, a présenté sa démission, acceptée par le Conseil présidentiel de direction (PLC), présidé par Rashad al-Alimi. Le ministre des Affaires étrangères, Shaea Muhssin Mohammed Al-Zindani, a été nommé pour former le nouveau cabinet, avec pour mission de stabiliser le gouvernement dans un contexte politique et militaire tendu.
Cette nomination s’inscrit dans un mouvement de purge des éléments pro-émiratis au sein du PLC, avec la destitution de Faraj Salmeen Al-Bahsani, vice-président du Conseil de transition du Sud (STC) et ancien gouverneur de la province pétrolière d’Hadramaout. Al-Bahsani et son allié Aidarous al-Zubaidi, limogé plus tôt pour « haute trahison » et réfugié aux Émirats, étaient considérés comme les principaux soutiens du STC au sein des institutions gouvernementales. Pour combler les postes vacants, le PLC a nommé deux personnalités pro-saoudiennes : le lieutenant-général Mahmoud al-Subaihi et Salem al-Khanbashi, gouverneur d’Hadramaout.
Ces changements interviennent après une période de tensions militaires et politiques intenses. En décembre 2025, les forces séparatistes du sud, accusées d’être soutenues par les Émirats, avaient avancé dans le sud et l’est du Yémen, menaçant la frontière saoudienne. Les forces pro-saoudiennes ont depuis repris le contrôle de ces zones, mais les rivalités entre Riyad et Abu Dhabi sur l’influence régionale et la gestion du conflit anti-Houthis persistent.
Sur le plan humanitaire et financier, Riyad a immédiatement versé 90 millions de dollars pour couvrir deux mois de salaires aux fonctionnaires et militaires yéménites, s’ajoutant à une aide de 500 millions de dollars annoncée la veille pour des projets humanitaires.
La nomination de Shaea Muhssin Mohammed Al-Zindani et la réorganisation du PLC reflètent la volonté de l’Arabie saoudite de renforcer son emprise sur le gouvernement yéménite, tout en maintenant une pression sur les séparatistes du sud et en préparant le terrain pour une nouvelle phase diplomatique et militaire face aux Houthis. Toutefois, ces manœuvres risquent d’accentuer les divisions au sein du camp anti-Houthis, compliquant davantage la perspective d’une paix durable dans un pays en crise depuis 2014.
