Liban-Iran : Hezbollah passe-t-il à la guerre ouverte pour venger Khamenei? Le scénario le moins probable mais pas impossible

Liban-Iran : Hezbollah passe-t-il à la guerre ouverte pour venger Khamenei? Le scénario le moins probable mais pas impossible

La mort d’Ali Khamenei a déclenché une onde de choc à travers le « croissant chiite » et au-delà, et le Hezbollah, principal proxy libanais de l’Iran, a immédiatement réagi par des déclarations spectaculaires, promettant de « poursuivre le combat contre la tyrannie américaine et le crime sioniste ». Pourtant, malgré cette rhétorique guerrière, aucune action militaire directe n’a été observée ces dernières 24 à 36 heures : ni roquette, ni missile, ni drone n’a été signalé depuis le sud du Liban vers Israël, le parti se concentrant pour l’instant sur les commémorations et rassemblements à Dahiyé. Cette posture traduit une stratégie prudente consistant à afficher sa fermeté tout en préservant ses forces restantes.

Les capacités du Hezbollah, lourdement affectées par les guerres de 2024–2025, expliquent en partie cette retenue. L’élimination d’éléments clés de commandement, la destruction massive de son arsenal de précision et les pertes humaines ont considérablement réduit sa marge de manœuvre, rendant une offensive directe comparable à celles de 2006 ou d’octobre 2023 presque impossible sans s’exposer à une riposte israélienne rapide et destructrice. À cela s’ajoute la pression internationale et locale : Washington et Tel-Aviv ont clairement fait savoir à Beyrouth que toute implication du Hezbollah déclencherait des frappes sur ses infrastructures et sur la population civile, et le Premier ministre libanais a publiquement rejeté toute « aventure militaire » pouvant entraîner le pays dans un conflit.

Pendant ce temps, l’Iran, désormais dirigé par un commandement intérimaire au sein de l’IRGC, concentre ses efforts sur des frappes directes contre Israël et les bases américaines dans le Golfe, sans donner pour l’instant d’ordre d’escalade massive au Hezbollah, alors que le flux de soutien logistique et financier est perturbé. Parallèlement, la population chiite au Liban, déjà épuisée par la crise économique et les années de conflit, ne pourrait supporter une guerre totale sans provoquer famine, exode et black-out, mettant en péril la base populaire du parti.

Malgré ce contexte, plusieurs scénarios pourraient forcer le Hezbollah à entrer en guerre ouverte : une opération préventive israélienne ciblant ses stocks ou commandements au nord, un ordre explicite de l’Iran lançant une escalade coordonnée sur plusieurs fronts, un incident frontalier incontrôlable ou une pression idéologique interne et externe trop forte qui rendrait l’inaction inacceptable aux yeux de sa base chiite.

Ainsi, à ce stade, le Hezbollah privilégie une posture symbolique et verbale, combinant fermeté et commémorations, afin de sauver la face tout en évitant un suicide militaire. La probabilité d’une guerre ouverte reste faible, estimée entre 5 et 10 %, mais le risque n’est pas nul. Les prochaines 48 à 72 heures, notamment les ripostes iraniennes et les funérailles de Khamenei, seront déterminantes pour savoir si le Liban basculera vers un conflit majeur ou si le Hezbollah restera sur le fil du rasoir.

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