Belaïli et la tentation espagnole : Dernier tour de piste avant le Mondial 2026?
À 34 ans, Youcef Belaïli n’est plus dans la gestion paisible d’une fin de carrière. Il est dans l’urgence. L’urgence de revenir, de convaincre, de ne pas disparaître des écrans au moment précis où se profile la Coupe du monde 2026. Gravement blessé au genou en novembre 2025 lors d’un derby avec l’Espérance de Tunis (rupture des ligaments croisés et atteinte au ménisque), l’ailier algérien lutte désormais contre le tempsµ.
Opéré à Aspetar au Qatar, centre de renommée internationale en médecine sportive, Belaïli a entamé une rééducation longue, rigoureuse et encadrée. Pas de retour précipité, pas de pari hasardeux : l’objectif est clair, retrouver une pleine compétitivité au printemps 2026. Mais dans l’ombre de cette reconstruction physique, une rumeur enfle déjà dans les médias et sur les réseaux : un possible départ vers l’Espagne, avec des contacts évoqués du côté d’Elche ou d’une autre formation de la Costa Blanca.
Sur le papier, le scénario a des allures de fiction sportive. Belaïli découvrirait enfin la Liga, championnat qu’il n’a jamais fréquenté, dans un projet mêlant ambitions sportives et considérations familiales. Installation durable, intégration progressive, et même formation de son frère Faès dans une structure locale. Pour le club espagnol, ce serait un pari à faible investissement financier, mais à fort impact médiatique : un international algérien, charismatique, inventif, capable d’apporter expérience, autorité naturelle et sens du jeu dans un vestiaire souvent jeune.
Mais derrière ce récit séduisant, la réalité est bien plus implacable. Belaïli n’a plus disputé le moindre match officiel depuis plusieurs mois. Son genou est reconstruit, mais encore loin d’avoir été éprouvé au plus haut niveau. À 34 ans, la Liga – même en deuxième division – n’accorde aucun répit : intensité permanente, rythme soutenu, concurrence féroce. La moindre rechute pourrait non seulement enterrer le projet espagnol, mais aussi compromettre définitivement ses ambitions internationales.
Le sélectionneur Vladimir Petkovic observe ce feuilleton avec attention. Belaïli reste un joueur à part dans l’histoire récente des Fennecs : 58 sélections, 10 buts, un rôle central dans la CAN 2019, et surtout cette capacité rare à faire basculer des rencontres fermées par une inspiration individuelle. En pleine possession de ses moyens, il serait un atout majeur pour le Mondial 2026. En difficulté physique, il deviendrait un luxe que l’Algérie ne peut plus se permettre.
Entre rêve européen et repli stratégique, Belaïli se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins. La Liga pourrait être sa renaissance tardive, la preuve qu’un talent ne s’éteint jamais totalement. Elle pourrait aussi devenir son tombeau sportif, celui d’un génie qui aura tenté, une dernière fois, de défier le temps. À ce stade, ce n’est plus un simple transfert : c’est un dernier jet de dés. Gagner, et revenir par la grande porte. Perdre, et quitter la scène dans le silence.
