Égypte et sept pays arabes et islamiques dénoncent la fermeture de la mosquée Al-Aqsa par Israël durant le Ramadan
Les ministres des Affaires étrangères de l’Égypte, de la Jordanie, des Émirats arabes unis, de l’Indonésie, du Pakistan, de la Turquie, de l’Arabie saoudite et du Qatar ont fermement condamné le maintien, par les autorités d’occupation israéliennes, de la fermeture de la mosquée Al-Aqsa (« Al-Haram Al-Sharif ») à Jérusalem-Est, alors que le mois sacré du Ramadan bat son plein.
Dans un communiqué conjoint publié mercredi 11 mars par le ministère égyptien des Affaires étrangères, les huit pays dénoncent « les restrictions discriminatoires et arbitraires imposées aux lieux de culte dans la Vieille Ville de Jérusalem, constituant une violation flagrante du droit international, du droit humanitaire, ainsi que du statut historique et juridique en vigueur ».
Selon le communiqué, ces mesures illégales interviennent dans un contexte de guerre israélo-américaine contre l’Iran, qu’Israël invoque pour justifier la fermeture depuis le samedi 28 février. Cette décision empêche les fidèles palestiniens d’accéder au troisième lieu saint de l’islam et interdit la tenue des prières du soir et des Tarawih, une première depuis l’occupation de Jérusalem en 1967, dénoncée par les autorités palestiniennes comme une « escalade sans précédent ».
Les ministres ont rappelé qu’Israël « n’exerce aucune souveraineté sur la ville occupée de Jérusalem ni sur ses lieux saints islamiques et chrétiens ». Ils ont également réaffirmé que l’ensemble de l’esplanade de la mosquée Al-Aqsa, d’une superficie de 144 dounams, reste un lieu de culte exclusivement musulman, sous l’autorité légale du département des Waqfs de Jérusalem et du ministère jordanien compétent. La Jordanie est reconnue depuis 1924 comme gardienne officielle des lieux saints chrétiens et musulmans de Jérusalem.
Les ministres ont exigé qu’Israël, en tant que puissance occupante, « cesse immédiatement la fermeture des portes de la mosquée Al-Aqsa, ne restreigne pas l’accès des fidèles et lève les restrictions imposées à la Vieille Ville de Jérusalem ». Ils ont également appelé la communauté internationale à adopter une position ferme pour contraindre Israël à mettre fin à ses pratiques illégales et provocatrices, tant envers les lieux saints que les fidèles.
Cette fermeture s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes en Cisjordanie, où les forces d’occupation ont intensifié les violences, les arrestations et les incursions dans les localités palestiniennes. Déjà le 20 février, lors du premier vendredi du Ramadan, des restrictions sévères avaient été appliquées aux fidèles venant de Cisjordanie, notamment des limitations d’âge (interdiction pour les hommes de moins de 55 ans et les femmes de moins de 50 ans) et des contrôles stricts aux points de passage de Qalandiya et de Bethléem, provoquant de nombreux refoulements et entravant le travail des équipes médicales et des journalistes.
Le ministère égyptien des Affaires étrangères a souligné que « l’ensemble des activités de colonisation israélienne dans les territoires palestiniens occupés, y compris à Jérusalem-Est, sont illégales et contreviennent aux résolutions internationales ». Le maintien de la fermeture de la mosquée Al-Aqsa constitue, selon Le Caire, une atteinte directe au « statu quo historique et juridique de Jérusalem ».
