14 décès et 121 blessés : une journée meurtrière sur les routes algériennes malgré les alertes météo

La Protection civile a publié un bilan accablant pour la seule journée du 28 janvier 2026 : 14 personnes ont perdu la vie dans des accidents de la route, tandis que 121 autres ont été blessées et secourues avec des lésions de gravité diverse. Ces chiffres s’inscrivent dans une vague d’interventions exceptionnelles, avec plus de 3 000 opérations menées par les secours en 24 heures à travers le territoire national, révélant l’ampleur de la crise routière amplifiée par les conditions climatiques extrêmes.

Ce pic tragique survient sous une vigilance météorologique rouge dans plusieurs wilayas, marquée par des vents violents aux rafales destructrices qui ont réduit la visibilité, déstabilisé les véhicules et multiplié les dérapages incontrôlables. Malgré les mises en garde répétées des autorités, l’excès de vitesse et le mépris flagrant des règles de prudence pendant les intempéries demeurent, selon les constats de la Sûreté nationale, les facteurs humains dominants de ce carnage. Les pluies torrentielles et les bourrasques ont par ailleurs semé des obstacles sur les chaussées, favorisant les collisions en chaîne et aggravant un réseau routier déjà vulnérable aux caprices du temps.

Cette hécatombe journalière confirme une dérive préoccupante de la sécurité routière en Algérie. L’année 2025 s’était achevée sur 3 571 décès, soit une moyenne proche de 10 morts par jour, avec une hausse de 1,95 % par rapport à l’année antérieure. Le début 2026 ne montre aucun signe d’inversion de tendance. À titre illustratif, la semaine du 18 au 24 janvier avait déjà compté 25 tués et 1 189 blessés, mais la violence particulière du 28 janvier dépasse largement ces moyennes récentes et expose une fois de plus les limites criantes des campagnes de sensibilisation et des contrôles.

La presse locale, souvent réduite à relayer mécaniquement les communiqués officiels sans analyse approfondie ni suivi des responsabilités, se contente trop fréquemment de chiffres bruts qui finissent par banaliser l’horreur quotidienne. Pourtant, derrière ces statistiques se cachent des familles brisées et un État qui peine à imposer un vrai changement culturel face à l’irresponsabilité au volant. Sans mesures radicales – renforcement des sanctions, amélioration urgente de l’infrastructure routière et éducation massive à la sécurité –, le bilan risque de s’alourdir encore, transformant chaque épisode météo en prétexte à un nouveau deuil national.

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