Crise Alger-Paris : L’Algérie s’enferme-t-elle dans l’impasse mémorielle ?
ALGER – À l’occasion de la commémoration du 19 mars, le discours officiel algérien a une nouvelle fois privilégié la confrontation à la realpolitik. En qualifiant le passé colonial de système « dépourvu de toute valeur humaine », la présidence Tebboune semble s’agripper à une rhétorique du passé qui peine à masquer les urgences du présent.
Alors que le monde évolue vers des blocs économiques pragmatiques, l’Algérie choisit de relancer le « buzz » législatif avec une loi criminalisant la colonisation française. Cette initiative, perçue par de nombreux observateurs comme un outil de politique intérieure, risque de porter un coup fatal aux intérêts nationaux. En braquant Paris, Alger s’isole d’un partenaire technologique et économique de premier plan, au moment même où l’économie nationale a besoin de diversification et d’investissements étrangers sérieux.
Cette surenchère mémorielle, loin de régler les traumatismes de l’histoire, fragilise surtout les accords de circulation et les projets de coopération bilatérale. Plutôt que de bâtir un pont vers l’avenir avec la France, la diplomatie algérienne semble préférer s’enfermer dans un isolement volontaire, sacrifiant les opportunités de demain sur l’autel d’un populisme historique qui ne nourrit plus son homme.
