Pétrole au plus haut depuis quatre mois : dollar faible et tempête hivernale soutiennent les cours
28 janvier 2026 – Les prix du pétrole Brent ont touché un pic de quatre mois ce mercredi, portés par une combinaison de facteurs : la faiblesse persistante du dollar américain et les perturbations d’approvisionnement liées à une violente tempête hivernale aux États-Unis.
Le baril de Brent (livraison mars) a atteint 67,67 dollars en séance, avant de se stabiliser autour de 67,22 dollars (-0,51 % en fin de journée selon les cotations en temps réel). Il consolide désormais au-dessus du seuil technique clé de 66 dollars et vise les 68 dollars. La veille, les cours avaient déjà bondi de près de 3 %, marquant le plus haut niveau depuis septembre 2025. Le WTI américain suit la tendance, autour de 63,45 dollars (+1,70 % intraday).
La tempête hivernale qui a balayé les États-Unis a temporairement amputé jusqu’à 2 millions de barils par jour de production (environ 15 % de la production nationale), avec des fermetures massives dans le Permian Basin (jusqu’à 1,5 million bpd au pic). Les infrastructures électriques et les exportations depuis le Golfe du Mexique ont été durement touchées, entraînant une réduction des flux et une prime de rareté sur le marché. Bien que la reprise soit en cours (pertes ramenées à environ 700 000 bpd lundi dans le Permian), les conditions météo persistantes au sud du pays retardent le retour à la normale.
À cela s’ajoute le soutien structurel du dollar faible. L’indice DXY oscille autour de 96 points, proche de son plus bas depuis février 2022 après quatre séances consécutives de baisse. Les déclarations de Donald Trump minimisant l’affaiblissement du billet vert (« une baisse modérée ») ont été interprétées comme un feu vert à un dollar plus faible pour booster les exportations américaines. La paire EUR/USD a grimpé jusqu’à 1,2000 (consolidation actuelle entre 1,1900 et 1,2080), renforçant l’attractivité du brut pour les acheteurs non-dollarisés.
Les données API ont également surpris positivement : les stocks de pétrole américains ont reculé de 0,25 million de barils la semaine dernière, contre une hausse attendue de 1,45 million. Le risque géopolitique au Moyen-Orient (tensions USA-Iran, renforcement militaire américain) maintient une prime de risque modérée.
Sur les marchés actions, Wall Street reste attentiste avant la décision de la Fed cet après-midi. Les taux devraient rester inchangés, mais les investisseurs scruteront les signaux de Jerome Powell sur le calendrier des baisses (deux baisses de 25 pdb anticipées d’ici fin 2026). Les résultats de Tesla, Microsoft (ce soir) et Apple (demain) pourraient influencer le sentiment sur les actifs risqués.
En résumé, le rebond pétrolier s’appuie sur des contraintes d’offre temporaires et un dollar en repli marqué, dans un contexte macroéconomique incertain. Les prochains jours dépendront largement du ton de la Fed et de la résolution des perturbations climatiques aux USA.
