Flambée des prix du pétrole : les tensions USA-Iran font grimper le Brent au-dessus de 70 $

Flambée des prix du pétrole : les tensions USA-Iran font grimper le Brent au-dessus de 70 $

Le 29 janvier 2026 marque un tournant sur les marchés pétroliers. Pour la première fois depuis début août (ou fin septembre selon les références), le baril de Brent a dépassé la barre symbolique des 70 dollars, atteignant des pics autour de 70,87 $ (+3,6 % environ) avant de se stabiliser vers 70,60–71 $ en séance. Le WTI américain suit la tendance, franchissant les 65 $ et touchant 66,24 $ (+4,8 % dans certaines cotations récentes), son plus haut depuis septembre 2025.

Cette envolée soudaine n’est pas liée à une perturbation physique immédiate de l’offre (pas de fermeture du détroit d’Ormuz ni d’attaques sur des installations), mais à une prime de risque géopolitique très marquée. Tout part d’une publication explosive du président Donald Trump sur Truth Social (28 janvier) :

« Une immense armada se dirige vers l’Iran. Elle avance rapidement, avec une grande puissance, un grand enthousiasme et une grande détermination. […] Elle est prête, disposée et capable de remplir rapidement sa mission, avec rapidité et force, si nécessaire. […] Concluez un accord – AUCUNE ARME NUCLÉAIRE – sinon la prochaine attaque sera bien pire ! »

Trump évoque explicitement le porte-avions USS Abraham Lincoln en tête d’une flotte plus importante que celle déployée vers le Venezuela en son temps, et presse Téhéran de négocier un accord nucléaire définitif sans enrichissement militaire.

Réponse immédiate de l’Iran, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a déclaré sur X que les forces armées iraniennes étaient « prêtes – le doigt sur la gâchette – à répondre immédiatement et avec force à TOUTE agression » contre le territoire national, aérien ou maritime. Téhéran réaffirme sa volonté de défendre ses droits nucléaires pacifiques tout en se disant ouvert à un accord « juste et sans coercition ».

Les analystes (ING, Citigroup.) estiment que 3 à 4 $ de prime de risque ont déjà été intégrés aux prix.
Les craintes portent surtout sur une possible escalade : l’Iran produit environ 3,3 millions de barils/jour (≈ 3 % de l’offre mondiale) ; une perturbation même limitée, ou un blocage partiel du détroit d’Ormuz (20–30 % du pétrole mondial transitent par-là), ferait exploser la volatilité.
Paradoxalement, les fondamentaux restent baissiers à moyen terme (prévisions EIA : Brent moyen à 56 $ en 2026), mais le court terme est dominé par la géopolitique.
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Les prochains jours seront cruciaux. Entre Washington, Téhéran et le Pentagone, le sort du baril – et une partie de la stabilité économique mondiale,se joue en temps réel.

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