Soudan : 13 morts et 6 blessés dans l’effondrement d’une mine d’or artisanale illégale au Kordofan

Soudan : 13 morts et 6 blessés dans l’effondrement d’une mine d’or artisanale illégale au Kordofan

Un effondrement tragique dans une mine d’or artisanale a coûté la vie à au moins 13 mineurs et en a blessé six autres dans l’État du Kordofan du Sud, une région du sud du Soudan particulièrement touchée par le conflit armé en cours, a annoncé mercredi la Sudanese Mineral Resources Company (SMRC), l’entité publique chargée de superviser le secteur minier.

L’accident s’est produit vendredi 23 janvier dans cinq puits abandonnés et officiellement scellés du site minier d’Oum Fakroun (ou Umm Fakroun), situé près de la localité d’Abou Joubaiha (Abu Jubaiha), selon le communiqué officiel de la SMRC publié sur ses réseaux. Les autorités expliquent que ces puits, fermés pour des raisons de sécurité, ont été illégalement réinvestis par des mineurs clandestins. Ces derniers auraient sectionné les soutènements en bois ou en métal qui maintenaient la stabilité des galeries, rendant les structures instables et provoquant l’effondrement soudain. Des recherches pour d’éventuels disparus supplémentaires étaient toujours en cours au moment de la publication du bilan définitif.

Le Soudan figure parmi les plus grands producteurs d’or du continent africain, un minerai devenu vital pour l’économie nationale ravagée par la guerre. Le conflit déclenché en avril 2023 entre l’armée régulière dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhane et les Forces de soutien rapide (FSR) paramilitaires du général Mohamed Hamdan Daglo (« Hemeti ») a transformé l’or en une ressource stratégique majeure : les deux camps financent leurs opérations militaires grâce au contrôle ou à la taxation des sites miniers, souvent par la force.

Malgré cette instabilité chronique, la production aurifère a rebondi de manière spectaculaire. Après une chute drastique à seulement 2 tonnes en 2023 (au plus fort des combats), elle est remontée à 64 tonnes en 2024, puis a atteint un record de 70 tonnes en 2025, soit 13 % au-dessus des objectifs fixés par le ministère des Mines, selon les annonces officielles de fin décembre 2025. Ce chiffre « record sur cinq ans » a généré environ 1 087 milliards de livres soudanaises (environ 1,8 milliard de dollars) de revenus publics pour le secteur minier.

Pourtant, la majeure partie de cette richesse échappe à l’État. Le ministre des Finances Gibril Ibrahim a révélé que sur les 70 tonnes produites en 2025, seules 20 tonnes environ ont transité par les circuits d’exportation officiels. Le reste – soit plus de 70 % – est détourné via des réseaux de contrebande très organisés, transitant principalement par le Tchad, le Soudan du Sud, l’Égypte et aboutissant souvent aux Émirats arabes unis, qui se positionnent comme le deuxième exportateur mondial d’or (derrière la Suisse). Cette fuite massive prive le pays de devises étrangères cruciales pour importer nourriture, carburant et médicaments en pleine crise humanitaire.

La très grande majorité de l’or soudanais provient d’exploitations artisanales et semi-artisanales comme celle d’Oum Fakroun : des milliers de puits creusés à la main par des mineurs individuels ou en petits groupes, souvent sans permis ni formation. Avant le déclenchement de la guerre, ce secteur informel employait directement ou indirectement plus de deux millions de Soudanais, constituant l’une des rares sources de revenus dans un pays où le chômage et la pauvreté explosent.

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