Le grand mensonge doré : l’Algérie caresse un trophée… qu’elle ne possédera jamais

Le grand mensonge doré : l’Algérie caresse un trophée… qu’elle ne possédera jamais

Le 8 février 2026, Alger a joué son plus beau rôle de figurante internationale. Le trophée original de la Coupe du monde – ce bloc d’or 18 carats que l’Argentine a soulevé il y a quatre ans – a atterri pour deux jours, escorté par Jürgen Klinsmann et sponsorisé Coca-Cola comme un gadget promotionnel. À la Coupole du complexe Mohamed-Boudiaf, des centaines de fans ont défilé, smartphones en main, pour un selfie avec l’objet des rêves. Le Président Tebboune, Walid Sadi et quelques vestiges de 1982 ont posé solennellement, voile retiré, discours ronflants, applaudissements synchronisés. Du grand cinéma pour faire croire que les Verts sont déjà dans la cour des grands.

Sauf que ce trophée n’est pas à eux. C’est un locataire de passage, un Airbnb cinq étoiles pour un ego national en manque d’air. Il est arrivé dimanche, il repart mardi vers d’autres destinations où on sait ce que c’est que de le gagner. Ici, on le touche, on le photographie, on poste #Fennecs2026, et puis on retourne à la réalité : une équipe qui tangue, une fédération en mode chaos permanent, un championnat qui crève à petit feu.

Qualifiés ? Oui, en dominant un groupe africain modeste – Guinée, Ouganda, Mozambique, Botswana, Somalie – avec 25 points ramassés comme des miettes. Mais le Mondial, c’est le groupe J : Argentine (tenante du titre, Messi en mode fin de carrière mais toujours mortel), Autriche (solide, disciplinée), Jordanie (outsider qui peut gratter). Premier match le 16 juin à Kansas City : Algérie-Argentine. Pronostic moyen : une correction élégante, 3-0 ou pire, avec des commentateurs qui diront « ils ont montré du cœur » pendant que le score défile.

La FAF ? Un soap opera sans fin : coaches virés comme des kleenex, scandales qui éclaboussent, vestiaire qui parle plus que sur le terrain. Le championnat local ? Des clubs endettés, des salaires impayés, une professionnalisation qui reste un slogan. Et pourtant, on parade avec LE trophée, comme si effleurer l’or allait effacer les années de gestion calamiteuse et les échecs répétés en CAN.

Ces selfies béats , de la poudre aux yeux bon marché. Des illusions pour un peuple qu’on gave de symboles pendant que le foot réel s’effrite. Dans quatre mois, quand l’Argentine nous pliera en 90 minutes, quand l’Autriche nous étouffera tactiquement et que la Jordanie nous piquera un point sur un contre, on se souviendra de ces photos naïves : des Algériens serrant un trophée qui les nargue déjà depuis le podium de Doha 2022.
Le grand mensonge doré perdure. On caresse, on rêve, on poste. Et on perd. Comme d’habitude.
Toucher le rêve ne le rend pas réel. Ça le rend juste plus amer quand il s’envole pour de bon.

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