Cyclone Gezani à Madagascar : Toamasina ravagée, une catastrophe historique aux conséquences humanitaires majeures

Cyclone Gezani à Madagascar : Toamasina ravagée, une catastrophe historique aux conséquences humanitaires majeures

Dans la soirée du 10 février 2026, le cyclone tropical intense Gezani a atteint la côte est de Madagascar, provoquant des destructions d’une ampleur inédite. Sous l’effet de rafales cataclysmiques estimées entre 250 et 270 km/h, la ville portuaire de Toamasina (Tamatave), deuxième agglomération du pays, a été littéralement défigurée, livrée aux vents déchaînés, aux pluies diluviennes et à l’effondrement généralisé de ses infrastructures vitales.

Ce phénomène météorologique d’une intensité exceptionnelle a engendré un scénario de destruction massive, transformant des quartiers entiers en champs de ruines, anéantissant les réseaux d’électricité et d’eau, et plongeant des centaines de milliers d’habitants dans une situation d’urgence absolue. Toamasina, poumon économique de l’île et principal hub portuaire national, se retrouve aujourd’hui sinistrée, exsangue, confrontée à l’une des pires catastrophes naturelles de son histoire récente.

Selon le dernier bilan provisoire publié par le Bureau national de gestion des risques et des catastrophes (BNGRC), au moins 31 personnes ont perdu la vie, principalement à Toamasina et dans les districts voisins. La majorité des décès résulte de l’effondrement d’habitations, de crues soudaines et de la chute d’arbres ou de débris projetés par les vents. Quatre personnes demeurent portées disparues, tandis qu’au moins 36 blessés graves ont été recensés. Plus de 250 000 personnes sont désormais classées comme sinistrées, privées de logement, d’accès régulier à l’eau potable ou à l’électricité.

Ville stratégique de près de 400 000 habitants, Toamasina a subi l’impact le plus sévère. Les autorités estiment que près de 75 % de la ville a été détruite ou gravement endommagée, tandis que certaines ONG avancent un taux de dévastation compris entre 80 et 90 %. Des milliers de toitures ont été arrachées, des maisons se sont effondrées, les routes sont devenues impraticables et de vastes quartiers ont été submergés. Un habitant résume la situation : « Ce n’est plus une ville, c’est un champ de ruines. Les murs sont fissurés, les toits ont disparu, les conteneurs du port ont été renversés comme des jouets. » L’obscurité est quasi totale depuis l’effondrement du réseau électrique.

Cette catastrophe survient dans un contexte déjà alarmant : il s’agit du deuxième cyclone majeur en moins de deux semaines à frapper Madagascar. Fin janvier, le cyclone Fytia avait fait entre 12 et 14 morts, déplacé plus de 31 000 personnes et détruit près de 18 600 habitations dans le nord-ouest du pays. Gezani vient ainsi aggraver une crise humanitaire préexistante, dans un État parmi les plus vulnérables au monde face aux chocs climatiques.

Les conséquences sanitaires suscitent de vives inquiétudes. La promiscuité dans les abris de fortune, la stagnation des eaux et la destruction partielle des infrastructures de santé font redouter une propagation rapide d’épidémies, notamment de choléra, de paludisme et de maladies hydriques, ainsi qu’une intensification de la malnutrition chronique.

Les opérations de secours se déroulent dans des conditions extrêmement difficiles. L’aéroport de Toamasina reste fermé aux vols commerciaux, mais accueille les appareils humanitaires et militaires. Des équipes de l’ONU, de Médecins du Monde, d’Action contre la Faim, de l’UNICEF et du Croissant-Rouge sont mobilisées pour distribuer eau potable, vivres, tentes, couvertures et médicaments. Le chef de l’État a lancé un appel pressant à la solidarité internationale, estimant que la reconstruction du principal pôle économique du pays nécessitera des mois, voire des années.

Bien que rétrogradé en tempête tropicale après sa traversée de l’île, Gezani continue de générer des pluies torrentielles, comprises entre 100 et 150 mm en 24 heures, favorisant glissements de terrain et nouvelles inondations dans les régions centrales. Les services météorologiques n’excluent pas une réintensification partielle dans le canal du Mozambique.

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