Turquie : une seconde victime identifiée après la découverte de corps démembrés dans des conteneurs à Istanbul
13 février 2026 – Deux hommes ont été interpellés pour l’assassinat d’une ressortissante ouzbèke, dont le corps décapité avait été retrouvé dans une benne à ordures à Istanbul. Les autorités turques soupçonnent désormais ces mêmes individus d’avoir commis un second meurtre, visant une autre femme de nationalité ouzbèke, dont les restes auraient été dispersés dans plusieurs quartiers de la métropole…
Les faits se seraient déroulés aux alentours du 23 janvier dans le district central de Şişli, où les deux victimes auraient été tuées dans le même appartement, transformé en véritable scène de crime.
Dans la soirée du 24 janvier, la police fait la macabre découverte du corps de Durdona Khakimova, 37 ans, enveloppé dans un drap et abandonné dans un conteneur à déchets. La victime avait été décapitée, ses jambes sectionnées, révélant un degré de violence glaçant. L’exploitation des caméras de vidéosurveillance permet rapidement d’identifier deux suspects, eux aussi d’origine ouzbèke, arrêtés à l’aéroport alors qu’ils tentaient de quitter le territoire turc.
Au fil des investigations, les enquêteurs découvrent d’autres fragments humains dans différentes poubelles de la ville. Selon l’agence de presse DHA et la chaîne Halk TV, ces restes appartiendraient à une seconde victime : Ergashalieva Sayyora, 32 ans, arrivée en Turquie le 28 décembre et portée disparue depuis le 23 janvier.
Les autorités ont établi que les deux femmes cohabitaient depuis environ un mois avec les suspects dans le même logement. L’une d’elles entretenait même une relation intime avec l’un des hommes arrêtés, ajoutant une dimension tragiquement personnelle à ce double crime.
Les images de surveillance montrent la seconde victime pénétrant dans l’immeuble le 23 janvier en compagnie des deux suspects. Le lendemain, ceux-ci sont filmés quittant les lieux avec plusieurs sacs-poubelle noirs, puis une valise blanche. Ils prennent un taxi jusqu’au quartier de Fatih, où ils abandonnent leur chargement, avant de rejoindre à pied la station de métro de Yenikapı.
Lors de leurs auditions, les deux hommes ont reconnu qu’Ergashalieva Sayyora avait été poignardée, puis démembrée. Tous deux ont été formellement inculpés pour homicide volontaire aggravé et placés en détention dans l’attente de leur comparution devant la justice.
Cette affaire a provoqué une onde de choc dans l’opinion publique. Des organisations féministes ont organisé des rassemblements à Istanbul et à Ankara pour dénoncer l’ampleur persistante des violences faites aux femmes, en particulier celles issues de l’immigration.
Selon l’ONG Stop Femicides, 294 femmes ont été tuées en Turquie en 2025, et près de 300 autres retrouvées mortes dans des circonstances jugées suspectes. La découverte du premier corps avait déjà suscité une profonde indignation, révélant une nouvelle fois la vulnérabilité extrême des femmes migrantes face aux violences masculines.
Cette double affaire illustre, de manière tragique, la permanence des féminicides et des crimes d’une rare cruauté en Turquie, malgré les mobilisations récurrentes de la société civile et les appels à une protection renforcée des femmes. Elle ravive le débat sur l’impunité, la prévention et la responsabilité de l’État face à une violence devenue structurelle.
