Imran Khan presque aveugle : négligence délibérée en prison ? La Cour suprême intervient
Islamabad / New Delhi, 13 février 2026 – Emprisonné depuis plus de 900 jours à la prison d’Adiala, l’ancien Premier ministre pakistanais Imran Khan, figure emblématique du Pakistan Tehreek‑e‑Insaf (PTI) et héros de la victoire historique du Pakistan en Coupe du monde de cricket, traverse une crise sanitaire sans précédent. Selon ses avocats, Khan souffre d’un caillot sanguin dans l’œil droit, resté non traité à temps, entraînant une perte quasi totale de sa vision. Si cette situation perdure, l’ancien chef du gouvernement pourrait devenir complètement aveugle
Le dossier médical soumis à la Cour suprême du Pakistan révèle que Khan ne conserve désormais qu’environ 15 % de sa vision dans l’œil droit, après plusieurs mois de dégradation progressive et de soins insuffisants en détention. L’affaire a pris une tournure explosive lorsque Salman Safdar, son avocat et amicus curiae désigné par la Cour, a signalé que l’ancien Premier ministre avait à plusieurs reprises alerté les autorités pénitentiaires sur la détérioration de sa vue, mais que ces avertissements étaient restés largement ignorés. Ce n’est qu’après une aggravation soudaine de son état qu’un ophtalmologiste a été appelé en urgence, confirmant la présence d’une occlusion veineuse rétinienne, responsable de dommages potentiellement irréversibles à la rétine.
Cette situation a provoqué un véritable scandale national. Pour le PTI et les partisans de Khan, il s’agit d’une négligence délibérée, voire d’un acte criminel de la part des autorités pénitentiaires, qui auraient volontairement refusé l’accès à des soins spécialisés, ainsi qu’à son médecin personnel. Les responsables du parti ont dénoncé un traitement « cruel, dégradant et inhumain », rappelant que la Constitution pakistanaise et le droit international des droits de l’homme garantissent la protection de la santé des détenus, quels que soient leur statut ou leur affiliation politique.
Face à la pression croissante de l’opinion publique et aux alertes des avocats, la Cour suprême du Pakistan est intervenue directement. Elle a ordonné la constitution d’une équipe médicale spécialisée, chargée d’évaluer immédiatement l’état de l’œil droit de Khan et de mettre en œuvre les soins urgents nécessaires, avant le 16 février. Parallèlement, la Cour a autorisé l’ancien Premier ministre à contacter ses fils par téléphone, une mesure longtemps refusée par l’administration pénitentiaire, et a rappelé que la protection de la santé d’un détenu est une obligation fondamentale de l’État, indépendamment de ses opinions politiques ou de sa popularité.
. Depuis son arrestation, Imran Khan est devenu le symbole de la polarisation politique du Pakistan, et sa détérioration physique pourrait devenir un point de rupture dans le débat sur la justice et le traitement des prisonniers politiques. Les observateurs notent également que cette crise intervient dans un contexte de tensions accrues entre le gouvernement actuel et le PTI, avec des manifestations régulières et des appels à la libération immédiate de Khan.
L’affaire a déclenché un débat national sur les conditions de détention et l’indépendance judiciaire, et pourrait avoir des répercussions durables sur la scène politique pakistanaise, alors que le pays s’approche d’élections législatives cruciales. Pour beaucoup, l’avenir de Khan et la manière dont les autorités traiteront cette crise seront un test de la maturité démocratique du Pakistan, ainsi qu’un indicateur du respect des droits fondamentaux dans le système carcéral.
