Marché international du pétrole brut : stabilisation après une forte baisse, les investisseurs scrutent l’offre OPEP+ et l’inflation américaine
Vendredi 13 février 2026, les cours du pétrole brut ont connu une séance volatile sur les marchés internationaux, avec un recul initial en début de journée européenne suivi d’un redressement modéré qui a permis de terminer en légère hausse. Cette stabilisation traduit un équilibre précaire entre pressions baissières, liées à une surabondance d’offre anticipée, et soutiens haussiers, portés par une demande potentielle stimulée par des taux plus bas et une prime géopolitique atténuée.
À la clôture, le Brent, référence internationale, s’est établi à environ 67,75 $ le baril (+0,34 %), tandis que le WTI (West Texas Intermediate, référence américaine) a clôturé autour de 62,89 $ le baril (+0,08 %). Ces niveaux marquent un rebond technique après la chute prononcée de près de 3 % enregistrée jeudi, conséquence de l’anticipation d’un excédent d’offre et de l’apaisement des craintes géopolitiques. Sur la semaine, cependant, Brent et WTI accusent une deuxième baisse consécutive, traduisant les inquiétudes persistantes sur un marché structurellement excédentaire en 2026.
L’offre reste le principal moteur des pressions baissières. L’OPEP+ envisage de reprendre progressivement ses augmentations de production dès avril 2026, après une pause hivernale au premier trimestre, afin d’anticiper la demande saisonnière accrue pour l’été, notamment en carburants. Selon des sources proches du groupe, les quotas supplémentaires pourraient revenir de manière graduelle, compensant partiellement la demande attendue mais exerçant une pression à la baisse sur les prix à moyen terme.
Parallèlement, les États-Unis ont assoupli les sanctions sur le secteur énergétique vénézuélien. Deux licences générales délivrées par l’OFAC autorisent désormais les compagnies internationales – dont Chevron, BP, Eni, Shell et Repsol – à opérer des projets pétroliers et gaziers ainsi qu’à négocier de nouveaux investissements. Cette mesure, la plus significative depuis la capture de Nicolás Maduro en janvier, devrait permettre une reprise progressive des exportations vénézuéliennes et enrichir une offre mondiale déjà abondante.
Côté demande, les données sur l’inflation américaine en janvier ont fourni un soutien indirect. L’inflation globale est ressortie inférieure aux attentes, avec un recul notable de l’inflation sous-jacente, notamment grâce à la baisse des prix de l’essence et au ralentissement des loyers. Ces chiffres renforcent les anticipations d’une politique monétaire plus souple de la Réserve fédérale, laissant envisager une possible baisse modérée des taux d’intérêt, qui stimulerait la croissance économique et l’appétit pour le risque, soutenant ainsi indirectement la consommation de pétrole. Dennis Kisler, vice-président senior chez BOK Financial, note que « la stabilisation de l’inflation offre une marge de manœuvre à la Fed ; des taux plus bas stimulent la demande et deviennent un facteur clé de soutien des prix pétroliers ».
Le marché pétrolier se trouve actuellement dans une phase d’équilibre temporaire, tiraillé entre pressions baissières, alimentées par l’excédent d’offre projeté par l’AIE, la reprise des quotas OPEP+ et l’assouplissement des sanctions vénézuéliennes, et soutiens haussiers, portés par les anticipations de demande accrue liées à des taux plus bas et une prime géopolitique résiduelle.
