Marché noir des « hymens artificiels » chinois et prolifération de réseaux de prostitution clandestine, un reflet cruel de la société sous le régime militaire
Ces dernières années, la sphère sociale algérienne connaît une intensification des débats acerbes sur des réalités longtemps confinées au silence ou au « non-dit ». Tandis que le discours dominant et conservateur affiche un attachement fervent aux valeurs traditionnelles, des faits concrets font surface, révélant un marché parallèle prospère centré sur le « commerce du sexe », des pratiques illicites et une marchandisation du corps féminin qui posent de sérieuses questions sur l’identité nationale et la stabilité sociale dans un pays dirigé par un régime militaire accusé de passivité ou de complicité tacite.
Le symbole le plus frappant de cette hypocrisie reste la « membrane de virginité artificielle » ou « hymen artificiel »), importée en masse de Chine et écoulée à bas prix sur le marché noir. Ces dispositifs – capsules ou sachets contenant un liquide simulant le sang – envahissent les réseaux sociaux (Facebook, Instagram, groupes fermés) et les services de livraison à domicile dans presque toutes les wilayas, des grandes villes comme Alger, Oran, Annaba ou Constantine aux régions les plus reculées. Vendus comme une « solution rapide pour restaurer l’honneur », ils illustrent un écart abyssal entre la pression sociale autour de la virginité au mariage et la réalité vécue par de nombreuses jeunes filles. Des médecins gynécologues alertent sur les risques sanitaires majeurs : inflammations graves, infections récurrentes, et potentiellement un risque accru de cancer du col de l’utérus dû aux matériaux chimiques non stériles et non réglementés.
En parallèle, l’urbanisation accélérée a favorisé l’apparition de ce que l’on désigne localement par « dour e tasamoh » (maisons de tolérance) ou appartements meublés clandestins transformés en lieux de prostitution. Malgré la législation algérienne réprimant sévèrement la prostitution et le proxénétisme (articles du Code pénal depuis 1975), ces logements non déclarés deviennent des foyers d’exploitation sexuelle touchant femmes et jeunes hommes. Le phénomène dépasse les métropoles pour toucher des zones rurales et isolées, avec des démantèlements occasionnels de réseaux (comme à Constantine ou dans d’autres wilayas intérieures).
Certains observateurs pointent un « tourisme sexuel » naissant : les prix très bas en Algérie, comparés à ceux de la Thaïlande ou du Brésil, attireraient des visiteurs du Golfe, d’Europe et d’Afrique subsaharienne, facilités par l’afflux d’ouvriers chinois, de migrants et de touristes (plus de 3,5 millions d’entrées étrangères enregistrées en 2025 selon les autorités).
Conséquence tragique : une explosion du nombre de mères célibataires et d’enfants abandonnés dans les centres d’accueil ou orphelinats. Le signe le plus alarmant ces dernières années est la diversification ethnique des bébés confiés (traits européens, subsahariens, asiatiques), reflet d’un mélange forcé dans ces réseaux clandestins impliquant main-d’œuvre étrangère, touristes et visiteurs.
Ce paysage sinistre – importation massive de gadgets chinois bon marché, essor de lieux de débauche non contrôlés, exploitation sexuelle transnationale – met en lumière une réalité où la « virginité » se répare artificiellement à vil prix, tandis que les vraies victimes restent les enfants sans filiation connue et une société qui se déchire moralement et sanitaires. Sous un vernis de conservatisme officiel, ces dynamiques traduisent une hypocrisie profonde, aggravée par l’absence de politiques courageuses en matière de prévention, d’éducation sexuelle et de répression ferme. La facture humaine, supportée par les plus vulnérables, interroge : jusqu’à quand le régime d’Abdelmadjid Tebboune et son entourage militaire toléreront-ils ce cancer social qui mine le tissu national ?
