Lyon : la mort de Quentin Deranque, de l’affrontement de rue à la crise politique entre Emmanuel Macron et Giorgia Meloni
Lyon, 20 février 2026 – En l’espace de quelques jours, la mort de Quentin Deranque a profondément changé de statut. D’abord perçue comme une tragédie locale issue d’un affrontement militant, elle s’est rapidement imposée comme une affaire nationale, avant de devenir un point de crispation entre plusieurs capitales européennes.
Survenue dans un contexte de radicalisation politique croissante, cette agression mortelle intervient à un moment particulièrement sensible du calendrier électoral français. À quelques semaines des élections municipales de mars 2026 — alors que se dessine déjà l’horizon présidentiel de 2027 — le drame agit comme un révélateur brutal des tensions idéologiques qui traversent aujourd’hui la société française.
En fin d’après-midi, à proximité de Sciences Po Lyon, une conférence animée par l’eurodéputée Rima Hassan autour de la question palestinienne et du féminisme décolonial attire une mobilisation militante antagoniste.
Le collectif Némésis organise alors une action de perturbation. Parmi les soutiens présents figure Quentin Deranque, étudiant en mathématiques de 23 ans, engagé dans plusieurs réseaux identitaires locaux.
Très rapidement, le climat se détériore. Des affrontements éclatent entre militants nationalistes et groupes antifascistes. Isolé au cœur de la mêlée, le jeune homme est violemment pris à partie. Projeté au sol, il reçoit plusieurs coups à la tête de la part d’individus masqués.
Gravement blessé et victime d’un traumatisme crânien, il est hospitalisé en urgence avant de succomber le 14 février, sans avoir repris connaissance.
Dans un communiqué, sa famille appelle au calme et refuse toute instrumentalisation politique de sa mémoire. Elle annonce également son absence à la marche d’hommage prévue le 21 février afin de prévenir tout risque de récupération ou de nouveaux affrontements.
Le parquet de Lyon ouvre immédiatement une information judiciaire pour homicide volontaire, violences aggravées en réunion et association de malfaiteurs.
Entre le 17 et le 18 février, onze personnes âgées de 20 à 26 ans sont interpellées dans plusieurs départements. Le 19 février, sept d’entre elles sont mises en examen, dont six pour violences ayant entraîné la mort avec conscience du risque létal.
Parmi elles figure Jacques-Élie Favrot, ancien assistant parlementaire du député LFI Raphaël Arnault, soupçonné d’avoir encouragé des violences sans avoir lui-même participé directement aux coups mortels.Si plusieurs mis en examen reconnaissent leur participation à l’affrontement, tous contestent une intention de tuer, évoquant une rixe spontanée dans un contexte de tension extrême.
La cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni, réagit publiquement, dénonçant un climat de haine idéologique en Europe et établissant un parallèle avec les « années de plomb » italiennes.
Depuis New Delhi, le président français Emmanuel Macron lui répond dès le lendemain, fustigeant l’attitude de « nationalistes » enclins à commenter les affaires intérieures d’autres États.
Rome exprime son étonnement face à cette interprétation, tout en maintenant sa préoccupation quant à la montée des violences politiques sur le continent.
Au-delà des responsabilités pénales que devra établir l’enquête, l’affaire Deranque s’impose désormais comme un marqueur des tensions politiques contemporaines.
