Pétrole : La prime de risque US-Iran propulse les cours vers un plus haut de six mois

Pétrole : La prime de risque US-Iran propulse les cours vers un plus haut de six mois

Les marchés pétroliers ont connu une nouvelle flambée ce vendredi 20 février 2026, stimulée par l’intensification des tensions entre les États-Unis et l’Iran. Le baril de WTI (West Texas Intermediate) évolue actuellement autour de 66 à 67 dollars, après avoir atteint un sommet intraday de six mois à 67,05 dollars. Le Brent de la mer du Nord suit la même trajectoire, oscillant entre 71,50 et 72 dollars, avec un pic à 71,99 dollars. Depuis le début de la semaine, les cours ont progressé de 7 à 9 %, marquant leur première semaine de gains nets depuis plusieurs semaines.

Cette hausse s’explique avant tout par une prime de risque géopolitique croissante. Le président Donald Trump a fixé un ultimatum clair : l’Iran dispose d’au maximum 10 à 15 jours pour conclure un accord significatif sur son programme nucléaire, faute de quoi « de très mauvaises choses » surviendront.

Téhéran, de son côté, multiplie les ripostes dissuasives : exercices navals conjoints avec la Russie, fermeture temporaire partielle du détroit d’Ormuz lors de manœuvres (passage stratégique par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial), et avertissements explicites sur des représailles massives en cas d’attaque. Bien que l’Iran produise environ 3,2 à 3,3 millions de barils par jour (classé parmi les 10 premiers producteurs mondiaux malgré les sanctions), son rôle clé dans les flux maritimes rend tout conflit potentiellement systémique – bien plus impactant que des crises localisées comme au Venezuela.

Sur le plan technique, le mouvement haussier s’affirme. Le Brent a franchi des résistances importantes et consolide près de ses plus hauts, soutenu par un momentum fort et des volumes élevés. Le WTI, après un rebond depuis les niveaux bas autour de 61-62 dollars, confirme une sortie haussière d’un range latéral. Un maintien durable au-dessus de 72 dollars pour le Brent pourrait ouvrir la voie à de nouveaux achats spéculatifs, tandis qu’une cassure baissière sous 71 dollars signalerait une possible prise de bénéfices.

Les analystes insistent cependant sur la volatilité extrême du marché : une percée diplomatique inattendue (même minime) ou un recul des menaces pourrait déclencher une correction rapide vers 67-68 dollars pour le Brent. À l’inverse, une escalade – même limitée – risquerait de propulser les cours vers 80 dollars ou plus, surtout en cas de perturbations prolongées dans le détroit d’Ormuz. Pour l’heure, la peur d’un choc au Moyen-Orient domine les échanges, rappelant que le pétrole reste avant tout une matière première géopolitique.

Ces niveaux actuels reflètent une anticipation nerveuse plutôt qu’un choc d’offre réel. Les prochains jours – marqués par cet ultimatum américain – seront cruciaux pour déterminer si la prime de risque s’intensifie ou s’évapore.

Partager :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *