Ramadan en Algérie : quand la détresse sanitaire alimente le retour aux pratiques occultes

Ramadan en Algérie : quand la détresse sanitaire alimente le retour aux pratiques occultes

Avec les premiers jours du Ramadan, un simple regard sur la situation que traverse l’Algérie suffit à susciter stupeur et indignation. Les difficultés sociales et sanitaires s’accumulent, tandis que les citoyens cherchent des solutions, parfois là où la science s’efface au profit de la croyance.

Dans plusieurs régions du pays, le système de santé est vivement critiqué. Manque de moyens, pénuries de médicaments, retards dans les rendez-vous, surcharge chronique des hôpitaux publics. Des établissements comme le Centre hospitalier universitaire Mustapha-Pacha à Alger ou le Centre hospitalier universitaire d’Oran à Oran reviennent régulièrement dans les débats sur les conditions de prise en charge et la qualité des soins.

Les catégories les plus aisées préfèrent se faire soigner à l’étranger, notamment en France ou en Espagne. Pour la majorité, cette option reste hors de portée.

Face à cette impasse, un nombre croissant de citoyens se tourne vers la médecine dite alternative. En plein Ramadan, les visites chez les guérisseurs connaissent un regain notable. Talismans, herbes médicinales, incantations, hijama, acupuncture, et parfois des pratiques plus controversées comme la trépanation, intervention ancienne consistant à retirer une partie de l’os du crâne, ou encore le marquage au fer chaud.

Dans certaines localités, des sources d’eau ou des bassins sont réputés pour leurs vertus curatives. Hommes et femmes s’y rendent convaincus d’y trouver une solution à leurs maux physiques ou psychologiques.

Des voix critiques estiment que la mise en avant de ces pratiques traditionnelles détourne l’attention des revendications liées à la réforme du système de santé. Le débat dépasse le cadre médical et interroge la gouvernance, la confiance dans les institutions et le rapport entre croyances populaires et science.

Ramadan demeure un mois de spiritualité et de recueillement. Mais dans un contexte de fragilité sociale en Algérie, il révèle aussi une réalité plus profonde, celle d’un système de santé sous tension et d’une population en quête d’espoir, parfois au prix de pratiques contestées.

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