Afghanistan : des frappes aériennes meurtrières font des dizaines de victimes civiles, les talibans se préparent à riposter

Afghanistan : des frappes aériennes meurtrières font des dizaines de victimes civiles, les talibans se préparent à riposter

Des frappes aériennes menées par Islamabad le long de la frontière afghano-pakistanaise ont fait des dizaines de morts et de blessés, dont de nombreuses femmes et enfants, plongeant plusieurs villages dans le deuil et la destruction, tandis que le gouvernement de Afghanistan promet une riposte « nécessaire, mesurée et calculée » contre ce qu’il qualifie d’« agression criminelle ».

D’après des responsables à Kaboul, les bombardements nocturnes ont ciblé plusieurs zones résidentielles dans la province orientale de Nangarhar — notamment les districts de Behsud, Khogyani, Ghani Khil et Girdi Kas — ainsi que le district de Barmal, dans la province de Paktika.

Le porte-parole du gouvernement taliban, Zabihullah Mujahid, a dénoncé ces frappes comme une « violation flagrante de la souveraineté afghane » et du droit international. Il accuse l’armée pakistanaise d’avoir visé délibérément des habitations familiales, une école religieuse (madrasa) et d’autres infrastructures civiles.

Selon les autorités locales, les frappes ont provoqué des scènes de désolation : dizaines de morts et de blessés, maisons réduites en poussière et familles décimées. Des sources locales et plusieurs responsables talibans, parmi lesquels Quraishi Badloon et Sayed Tayeb Hamad, font état d’un bilan particulièrement lourd. Dans le seul district de Behsud, au moins 17 à 18 civils ont été tués — dont 11 enfants selon certaines estimations — tandis que plusieurs blessés graves ont été extraits des décombres et jusqu’à six personnes seraient toujours portées disparues.

Le Croissant-Rouge afghan a confirmé au moins 18 morts dans la province de Nangarhar, tandis que le ministère taliban de la Défense évoque « des dizaines » de victimes innocentes. Des images sur les réseaux sociaux montrent des habitants fouillant les gravats à mains nues ou à l’aide de bulldozers. Une famille entière de 23 membres aurait été touchée dans une seule habitation, avec seulement quelques survivants grièvement blessés.

À Paktika, une madrasa et une maison d’hôtes ont également été visées. Certaines sources locales affirment que ces sites étaient vides au moment des frappes, tandis que des journalistes présents sur place décrivent un paysage de désolation : murs effondrés, toits arrachés et villages plongés dans le deuil.

Du côté pakistanais, le ministère de l’Information, par la voix du ministre Attaullah Tarar, a défendu ces opérations comme des « frappes sélectives fondées sur des renseignements précis ». Islamabad affirme avoir visé sept camps et repaires terroristes du Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP), ainsi que des affiliés de l’État islamique – Province du Khorasan.

Ces groupes sont accusés d’avoir orchestré une vague récente d’attentats-suicides au Pakistan, dont l’attaque contre une mosquée chiite à Islamabad qui a fait plusieurs dizaines de morts et de nombreux blessés, ainsi que d’autres explosions dans les districts de Bajaur, Bannu et d’autres zones tribales.

Le Pakistan affirme que ces groupes utilisent l’Afghanistan comme base arrière et reproche aux talibans de ne pas respecter leurs engagements antiterroristes, notamment dans le cadre de l’Accord de Doha.

Partager :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *