Lula à Trump : « Traitez-nous sur un pied d’égalité » au cœur des tensions tarifaires

Lula à Trump : « Traitez-nous sur un pied d’égalité » au cœur des tensions tarifaires

Depuis New Delhi, le président brésilien exhorte Washington à un commerce équitable et met en garde contre une escalade mondiale, à quelques semaines d’un sommet bilatéral crucial.

En pleine tournée asiatique, le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a lancé un message direct et sans détour à son homologue américain Donald Trump. Depuis New Delhi, où il participait au sommet sur l’impact de l’intelligence artificielle et renforçait les liens stratégiques avec l’Inde, Lula a appelé à un traitement « égal » de tous les partenaires commerciaux des États-Unis.

« Je veux dire au président américain Donald Trump que nous ne voulons pas d’une nouvelle Guerre froide. Nous ne voulons pas d’ingérence dans aucun pays, nous voulons que tous les pays soient traités sur un pied d’égalité », a déclaré Lula aux journalistes, selon des propos rapportés par l’AFP et Reuters. Ce plaidoyer pour l’« égalité souveraine » intervient dans un climat commercial particulièrement tendu.

Quelques jours plus tôt, le 20 février 2026, la Cour suprême des États-Unis a infligé un revers majeur à l’administration Trump en invalidant (par 6 voix contre 3) l’utilisation de la loi de 1977 (IEEPA) pour imposer des tarifs douaniers unilatéraux massifs. En réponse, Trump a rapidement rétabli une taxe générale sur les importations à 10 %, puis l’a portée au maximum légal de 15 % sous une autre base juridique (Section 122 du Trade Act de 1974). Cette décision a relancé l’incertitude sur les chaînes d’approvisionnement mondiales et ravivé les craintes d’un protectionnisme tous azimuts.

Malgré les frictions persistantes – sanctions américaines contre des responsables brésiliens liées au procès de Jair Bolsonaro, divergences sur la démocratie et la souveraineté –, Lula adopte une posture pragmatique. Il a réaffirmé son souhait de « normaliser » les relations bilatérales et espère obtenir des avancées concrètes lors de sa visite à Washington, prévue début mars 2026. L’agenda inclura le commerce, l’investissement, l’immigration et des partenariats universitaires.

En parallèle, Lula capitalise sur sa présence en Asie pour diversifier les alliances du Brésil. À New Delhi, il a signé avec Narendra Modi des accords sur l’exploitation conjointe de minéraux critiques et terres rares, essentiels pour les transitions énergétiques et technologiques. Cette séquence diplomatique illustre la stratégie brésilienne : défendre la multipolarité, refuser toute forme de subordination, tout en maintenant un dialogue constructif avec Washington.

« Le monde n’a pas besoin de turbulences supplémentaires, mais de stabilité et de paix », a insisté Lula. Reste à savoir si cet appel à l’équité trouvera un écho chez Trump, dont la politique « America First » reste inflexible. La rencontre de mars s’annonce décisive pour éviter une escalade qui pèserait lourd sur les deux plus grandes économies des Amériques.

Partager :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *