Iran : un hélicoptère militaire s’écrase sur un marché à Dorcheh, quatre morts
Un nouvel accident aérien vient raviver les inquiétudes autour de l’état de la flotte militaire iranienne. Mardi matin, un hélicoptère de l’armée s’est écrasé en pleine zone civile, sur un marché de fruits dans la ville de Dorcheh, située dans la province d’Ispahan, au centre de l’Iran.
Selon les médias d’État, le crash a coûté la vie à deux pilotes militaires ainsi qu’à deux commerçants présents sur leurs stands au moment de l’impact. L’appareil aurait pris feu immédiatement après s’être écrasé, provoquant une scène de panique parmi les marchands et les clients du marché.
Dans un communiqué officiel, le Centre de formation de l’aviation de l’armée a identifié les deux militaires décédés comme étant le colonel Hamed Sarvazad, pilote de l’hélicoptère, et son copilote, le major Mojtaba Kiani. Les autorités locales ont confirmé l’ouverture d’une enquête afin de déterminer les causes exactes de l’accident, même si une défaillance technique est d’ores et déjà évoquée comme piste privilégiée.
Ce drame intervient moins d’une semaine après le crash d’un avion de chasse de l’armée de l’air dans la province de Hamadan, lors d’une mission d’entraînement nocturne. L’appareil impliqué serait un ancien modèle McDonnell Douglas F-4 Phantom II, datant de l’époque où Téhéran entretenait encore des relations étroites avec Washington avant la révolution de 1979.
Ces incidents successifs mettent une nouvelle fois en lumière les difficultés de l’Iran à moderniser ses équipements militaires, largement affectés par des décennies de sanctions imposées par les États-Unis et leurs alliés. Malgré des tentatives récentes d’acquisition d’appareils plus modernes auprès de la Russie, notamment des avions de chasse Su-35, aucune livraison n’a encore été confirmée.
Cet accident intervient dans un contexte géopolitique extrêmement tendu. À la veille d’une nouvelle ronde de négociations indirectes sur le programme nucléaire iranien à Genève, les États-Unis maintiennent une forte présence militaire dans le Golfe et en Irak Syrie, tandis que Téhéran refuse toute discussion sur son programme de missiles balistiques. Les autorités iraniennes réaffirment que leur programme nucléaire est purement civil et qu’elles restent ouvertes à un accord levant les sanctions en échange de garanties vérifiables.
Ce crash tragique, qui a touché des civils innocents en pleine activité quotidienne, risque d’alimenter les débats internes en Iran sur la priorité accordée aux dépenses militaires face aux difficultés économiques et aux besoins de la population. Les funérailles des militaires décédés seront organisées avec les honneurs d’État, tandis que les familles des commerçants recevront des aides et des compensations annoncées par les autorités locales.
