Liban : Nawaf Salam porte plainte à l’ONU contre Israël et dénonce la zone tampon
Beyrouth, 26 mars 2026 – Face à une escalade militaire inédite dans le sud du pays, le Liban a décidé jeudi de saisir officiellement le Conseil de sécurité des Nations unies contre Israël. Le Premier ministre Nawaf Salam a dénoncé les opérations israéliennes qui visent, selon lui, à établir une zone tampon stratégique sur le territoire libanais, une initiative qu’il qualifie de violation flagrante de la souveraineté nationale et du droit international.
Lors d’une session exceptionnelle du cabinet, le ministre de l’Information Paul Morcos a présenté le communiqué officiel. Il a précisé que la destruction systématique de ponts et d’infrastructures sur le fleuve Litani constitue un effort délibéré pour isoler le sud du pays et empêcher le retour des civils déplacés. Depuis le début des hostilités, les frappes israéliennes ont causé près de 1 100 morts et plus de 3 000 blessés, forçant plus d’un million de personnes à fuir leurs foyers.
Le Premier ministre a vivement condamné ces actions : « Les déplacements massifs et l’empiètement sur nos terres démontrent que l’occupation israélienne cherche à transformer le sud du Liban en zone sous contrôle permanent. Ces pratiques violent le droit international et humanitaire », a déclaré Nawaf Salam. Il a demandé au ministre des Affaires étrangères de déposer sans délai une plainte auprès du Conseil de sécurité et annoncé qu’il prendrait contact directement avec le secrétaire général de l’ONU pour alerter la communauté internationale.
Cette offensive israélienne s’inscrit dans un contexte régional tendu. Le Hezbollah a intensifié ses frappes contre des sites militaires et des colonies israéliennes, en réaction à l’assassinat du Guide suprême Ali Khamenei et aux violations répétées du cessez-le-feu de novembre 2025. Le conflit israélo-libanais s’étend désormais à une confrontation plus large impliquant les intérêts régionaux de l’Iran, avec un risque accru d’escalade.
Parallèlement, le gouvernement libanais a renforcé les mesures de sécurité à Beyrouth, en augmentant les patrouilles militaires et la surveillance dans la capitale. Cette décision vise à rassurer la population face aux menaces grandissantes et à garantir la stabilité intérieure malgré la guerre qui affecte le pays.
La séance ministérielle a également mis en lumière les tensions internes : les ministres du Hezbollah et d’Amal ont boycotté la réunion en protestation contre la décision de déclarer l’ambassadeur iranien persona non grata. Leur absence souligne les divisions politiques au sein de l’exécutif et la difficulté pour le gouvernement de concilier souveraineté nationale et équilibre politique interne.
Nawaf Salam a enfin alerté sur le recentrage des frappes iraniennes vers le Golfe, estimant que la majorité des attaques, qu’il s’agisse de missiles ou de drones, vise désormais les pays du Golfe, la Jordanie, la Turquie et l’Azerbaïdjan, et non seulement Israël. Il a réaffirmé la solidarité du Liban avec ces pays tout en dénonçant le caractère imposé de ce conflit sur le territoire libanais : « Les Libanais sont les victimes d’une guerre qui ne leur appartient pas », a-t-il insisté.
