Le Kremlin : l’Arménie ne peut pas rejoindre l’UE tout en restant dans l’UEE

Le Kremlin : l’Arménie ne peut pas rejoindre l’UE tout en restant dans l’UEE

Moscou, 1er avril 2026 (AFP) — Le président russe Vladimir Poutine a déclaré mercredi qu’une adhésion de l’Arménie à l’Union européenne était « tout simplement impossible » tant que le pays resterait membre de l’Union économique eurasiatique. Cette mise en garde intervient dans un contexte de tensions croissantes entre Moscou et Erevan, alors que l’Arménie amorce un pivot stratégique vers l’Occident.

Lors d’une rencontre au Kremlin avec le Premier ministre Nikol Pachinian, Vladimir Poutine a insisté sur l’incompatibilité fondamentale entre les deux blocs économiques et politiques. « L’adhésion simultanée à une union douanière avec l’UE et l’UEE est impossible. C’est tout simplement impossible par définition », a-t-il martelé, en soulignant que tout pays doit être clair et transparent sur ses engagements internationaux.

Depuis sa défaite militaire face à l’Azerbaïdjan dans le conflit du Haut-Karabakh en 2020 et la prise totale de l’enclave par Bakou en 2023, l’Arménie reproche à Moscou son manque de soutien militaire concret, malgré la présence d’une base russe et les engagements pris dans le cadre de l’Organisation du traité de sécurité collective.

Ces frustrations ont accéléré le rapprochement d’Erevan avec l’UE et les États-Unis. Depuis plus de deux ans, le gouvernement de Nikol Pachinian multiplie les gestes de défiance envers Moscou : suspension partielle de sa participation à l’OTSC, renforcement des liens avec Bruxelles et Washington, et adoption en 2025 d’une loi ouvrant la voie à des négociations pour une adhésion européenne éventuelle.

Mercredi, Vladimir Poutine a également exprimé son souhait que les partis « prorusses » puissent pleinement participer aux élections législatives prévues le 7 juin 2026, une intervention politique subtile visant à influencer le débat intérieur arménien.

Le contexte géopolitique rend la situation complexe. Moscou, engagée dans la guerre en Ukraine, observe avec inquiétude tout rapprochement d’Erevan avec l’UE, tandis que Bruxelles intensifie sa présence diplomatique. Un sommet UE-Arménie historique est prévu à Erevan les 4 et 5 mai 2026, et un nouvel agenda stratégique a été signé fin 2025.

Cependant, l’Arménie reste économiquement et énergétiquement dépendante de la Russie. Des centaines de milliers d’Arméniens travaillent sur le sol russe et le gaz russe constitue un élément vital de l’économie nationale. Une sortie de l’Union économique eurasiatique pourrait provoquer une flambée des prix de l’énergie, des barrières commerciales et un accès restreint au marché russe.

Entre aspirations européennes et contraintes géopolitiques, l’Arménie se retrouve à la croisée des chemins. L’avertissement de Vladimir Poutine souligne la tension entre souveraineté nationale et réalités régionales, rappelant à Erevan que tout choix stratégique comporte des risques majeurs pour son équilibre économique et sa sécurité.

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