Investissements publics : le ministère des Finances impose un contrôle strict pour assainir un système longtemps laxiste
Le gouvernement algérien renforce drastiquement la gouvernance des investissements publics, en instaurant trois directives visant à corriger les défaillances structurelles qui ont longtemps miné l’efficacité des financements publics. Dans ce cadre, le ministère des Finances se voit confier un rôle central et incontournable : toutes les demandes de financement doivent désormais passer par ses services, tandis que les ministres restent responsables de la conception, de l’enregistrement et du suivi de leurs projets. Ces derniers doivent s’inscrire dans une logique rigoureuse, avec des objectifs précis, mesurables et en cohérence avec les priorités nationales.
La première directive encadre strictement la levée des gels et les demandes de crédits supplémentaires. Avant toute sollicitation budgétaire, chaque ministère doit démontrer qu’il a épuisé toutes les possibilités de réaffectation interne des fonds. La décision finale s’inscrit dans un examen national approfondi du portefeuille des investissements publics, supervisé directement par le ministre des Finances. Seuls les projets sociaux stratégiques ou d’urgence pourront être soumis au cabinet du Premier ministre, ce qui traduit une volonté claire de limiter le gaspillage et de privilégier l’impact réel des investissements.
La seconde directive vise à fluidifier et accélérer les procédures d’autorisation d’engagement. Elle permet aux responsables d’activité de réajuster la programmation des crédits en fonction de la situation financière constatée, tout en veillant à éviter les interruptions dans les projets en cours. Cette mesure cherche à concilier rapidité d’exécution et rigueur financière, mettant fin à des pratiques anciennes où les retards administratifs et le saupoudrage des ressources compromettaient l’efficacité des investissements.
Enfin, la troisième directive introduit un suivi consolidé et contraignant des crédits par programmes et sous-programmes. Les responsables de programme répartissent les enveloppes entre activités, tandis que les responsables d’activité ventilent les crédits en fonction de l’avancement réel des projets. Des rapports trimestriels détaillés sont transmis au ministère des Finances, garantissant un contrôle continu et une transparence accrue dans l’exécution des investissements. Toute demande de crédits supplémentaires devra être solidement justifiée, encadrée par les ressources disponibles et alignée sur les priorités nationales.
Cette série de mesures traduit une nouvelle philosophie de gestion : accorder plus de flexibilité aux gestionnaires tout en imposant un contrôle strict, afin de mettre fin à l’inefficacité chronique et de concentrer les financements sur des projets à fort impact économique et social. Il s’agit d’une réponse directe aux critiques formulées depuis des années sur la dispersion des investissements, le manque de suivi et les pratiques laxistes qui ont freiné le développement économique. Avec ce dispositif, l’Algérie tente de moderniser sa gouvernance budgétaire, d’améliorer l’efficacité de l’action publique et de s’assurer que les deniers publics servent réellement l’intérêt collectif.
