Le tunnel sans issue de l’USM El Harrach : Émeutes et démissions, chronique d’un effondrement annoncé

Le tunnel sans issue de l’USM El Harrach : Émeutes et démissions, chronique d’un effondrement annoncé

Il y a des soirs où un stade ne ressemble plus à un lieu de sport, mais à un champ de ruines. Le stade Mouloud Zerrouki de Kalitous, ce vendredi 10 avril 2026, appartient à cette catégorie rare et inquiétante.

Dans une atmosphère déjà saturée de tension, l’USM El Harrach a sombré (1-2) face à l’ASM Oran lors de la 26e journée de Ligue 2 (groupe Centre-Ouest). Mais au-delà du résultat, c’est le scénario global qui glace : une rencontre qui a basculé dans le désordre, puis dans une forme de perte de contrôle collective.

Dès que le deuxième but oranais a été inscrit, quelque chose s’est rompu. Pas seulement dans le jeu, mais dans l’équilibre déjà fragile d’un club sous pression permanente. Les tribunes ont alors cessé d’être un espace de soutien pour devenir un foyer d’explosion : sièges arrachés, projectiles lancés, tentatives d’envahissement du terrain. Le match a été suspendu pendant près de trente minutes, dans une ambiance où la sécurité ne tenait plus qu’à un fil.

Sur le terrain, l’USMH a donné l’image d’une équipe dépassée par ses propres erreurs. Un second but concédé sur une faute défensive grossière, puis l’expulsion de Mohamed Islam Belhadj à la 85e minute, ont achevé de plonger le groupe dans une forme de désintégration sportive. Même l’arrivée du nouvel entraîneur Lyamine Boughrara, pour son premier match, n’a rien changé à cette dynamique de dérive.

Après le coup de sifflet final, le chaos des tribunes a laissé place à un autre type de rupture : institutionnelle. Quelques heures plus tard, le président Salim Rabah a annoncé sa démission, après seulement quelques semaines en poste.

Un départ qui n’a ni surpris, ni apaisé. Il s’ajoute à une longue série de transitions précipitées, de décisions instables et de tentatives de redressement avortées. Dans les couloirs du club, le sentiment dominant n’est plus l’espoir, mais l’épuisement.

À quatre journées de la fin, La situation sportive demeure particulièrement précaire.. L’USM El Harrach totalise 52 points, au coude-à-coude avec l’ASM Oran, tandis que la troisième place occupée par le Raed El Kouba reste un objectif encore accessible mais de plus en plus incertain.

L’USM El Harrach n’est pas seulement en difficulté sportive. Elle traverse une crise plus profonde, presque structurelle : instabilité de la direction, succession d’entraîneurs, manque de continuité dans le projet, et une relation de plus en plus tendue avec ses supporters.

Ce qui fut autrefois un club de fierté et d’ambition est aujourd’hui pris dans une spirale où chaque tentative de redressement semble accélérer la chute.

Un tunnel sans issue

Vendredi soir, les supporters ont quitté le stade sans véritable colère, ni même contestation organisée. Seulement une forme de résignation lourde, presque silencieuse.

Le train harrachi continue d’avancer, mais il n’y a plus de gare visible. Plus de repère. Plus de lumière.

Et dans ce tunnel sans issue, une question demeure suspendue, brutale : combien de temps encore ce club pourra-t-il avancer sans se briser comp

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