Abdel Fattah al-Sissi appelle à la mise en œuvre complète du cessez-le-feu à Gaza et met en garde contre une recomposition du Moyen-Orient
Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a appelé, samedi, à la mise en œuvre complète de la deuxième phase de l’accord de cessez-le-feu à Gaza tout en lançant, samedi, un avertissement d’une rare fermeté concernant l’évolution de la situation au Moyen-Orient, estimant que des « efforts délibérés » seraient en cours pour modifier en profondeur l’architecture géopolitique de la région et en redessiner les équilibres fondamentaux.
S’exprimant à l’occasion du 44ᵉ anniversaire de la libération du Sinaï de l’occupation israélienne, le chef de l’État égyptien a souligné la gravité du moment historique que traverse la région en décrivant, dans un discours télévisé solennel, un Moyen-Orient entré dans une phase de transition critique où les équilibres traditionnels sont fragilisés par des dynamiques politiques et stratégiques encore difficiles à cerner, sans toutefois désigner directement les acteurs concernés, tout en évoquant l’existence de « tentatives délibérées visant à redessiner la carte du Moyen-Orient », une formulation particulièrement lourde de sens dans un contexte marqué par des guerres prolongées, des rivalités d’influence et des crises humanitaires répétées, que Le Caire interprète comme pouvant dépasser la simple logique des conflits classiques pour s’inscrire dans des processus plus larges de recomposition politique et territoriale susceptibles d’affecter durablement la stabilité des États de la région.
la situation dans la bande de Gaza occupe une place centrale dans les préoccupations égyptiennes, alors que le territoire reste profondément marqué par deux années de conflit ayant provoqué des destructions massives, ce qui pousse Le Caire à insister sur la nécessité de mettre en œuvre pleinement la deuxième phase de l’accord de cessez-le-feu conclu en octobre 2025, une étape jugée décisive pour éviter une reprise des hostilités et qui prévoit notamment l’entrée sans entrave de l’aide humanitaire, le lancement immédiat du processus de reconstruction et la stabilisation progressive des conditions de vie dans l’enclave palestinienne, considérée désormais comme une urgence à la fois humanitaire et politique en raison de l’ampleur des destructions ayant profondément désorganisé ses structures sociales et économiques.
Par ailleurs, la première phase de cet accord avait permis un échange d’otages israéliens contre des prisonniers palestiniens, ouvrant une période de désescalade partielle mais fragile dont les équilibres restent aujourd’hui incertains, raison pour laquelle l’Égypte continue de jouer un rôle central de médiateur aux côtés du Qatar et des États-Unis afin de maintenir un dialogue minimal entre les parties et d’éviter toute reprise des affrontements, dans un contexte régional toujours instable.
Dans le même temps, le président égyptien a réaffirmé avec force le rejet catégorique de toute tentative visant à déplacer les populations palestiniennes hors de leurs territoires, notamment vers le Sinaï, une position considérée par Le Caire comme une ligne rouge absolue en raison des risques majeurs qu’un tel scénario ferait peser sur la souveraineté nationale et la stabilité sécuritaire du pays, l’Égypte craignant qu’un afflux massif de populations ne déstabilise durablement une région déjà sensible et n’aggrave les fragilités internes du Sinaï.
