Chili : José Antonio Kast Lance une Vague d’Expulsions Massives de Migrants Colombiens
Le président chilien d’extrême droite, José Antonio Kast, accélère sa politique migratoire inflexible avec un deuxième vol charter emportant 40 migrants irréguliers, dont 24 Colombiens, confirmant un virage sécuritaire radical depuis son investiture en mars 2026.
À 4h30 du matin, un avion militaire a décollé de la base aérienne du Groupe 10 à Santiago, direction plusieurs pays d’origine. À bord : 24 Colombiens, 9 Haïtiens et 7 Dominicains, débarqués après des escales stratégiques. Sur ces 40 expulsés, 21 l’ont été pour des irrégularités administratives pures – absence de visas ou de titres de séjour – tandis que 19 relevaient de décisions judiciaires, souvent liées à des vols, trafics de stupéfiants ou autres infractions pénales. Cette opération marque un retour aux expulsions vers Haïti, interrompues depuis 2024 en raison de tensions diplomatiques et logistiques avec Port-au-Prince.
Les autorités chiliennes soulignent que ce vol s’inscrit dans une accélération promise : priorisation des Colombiens, Vénézuéliens, Péruviens et Équatoriens, qui représentent la majorité des 330 000 migrants irréguliers recensés par l’Institut national de la statistique (INE). Contrairement aux premières déportations d’avril vers la Bolivie et l’Équateur, ce deuxième convoi élargit les destinations, testant les capacités logistiques du pays.
Sous Gabriel Boric (2022-2026), le Chili avait enregistré seulement 1 117 expulsions en 2025, malgré une explosion de l’immigration clandestine via le désert d’Atacama. Kast, élu sur un programme anti-criminalité et anti-immigration, a immédiatement suspendu la régularisation massive de 182 000 migrants promise par son prédécesseur. « Nous n’allons pas régulariser ceux qui commettent des délits », a tonné le directeur des migrations, Frank Sauerbaum, révélant que 6 000 des candidats avaient déjà un casier judiciaire.
En quelques semaines, près de 1 400 « expulsions volontaires » ont été enregistrées, principalement des Vénézuéliens fuyant les contrôles renforcés. Pourtant, plus de 75 000 ordres d’expulsion dorment encore dans les tiroirs administratifs, la moitié concernant des ressortissants vénézuéliens. Le hic ? Caracas a rompu les liens diplomatiques après l’élection de Kast en 2024, rendant impossibles les rapatriements sans accord consulaire. Le gouvernement chilien attend une « réponse positive » pour relancer ces procédures.
Kast ne se contente pas des vols charters. Dès mi-mars 2026, il a lancé la construction d’une barrière monumentale dans l’Atacama, à la frontière avec le Pérou et la Bolivie : tranchées de 3 mètres de profondeur sur 500 km, fences métalliques, patrouilles militaires 24/7, drones de surveillance et caméras high-tech. « La police n’avait plus le contrôle du pays », justifie le président, évoquant un flux incontrôlé alimentant crime organisé et trafics.
Deux projets de loi sont en route au Parlement : l’un punit sévèrement les passeurs aidant les clandestins, l’autre érige l’entrée illégale en délit pénal pur. Fini les interpellations massives hasardeuses ; Kast mise sur une « confrontation inévitable » avec l’État pour tout irrégulier. stratégie s’inscrit dans un basculement régional à droite, où migration, souveraineté et sécurité s’imposent comme les piliers d’une politique de type Donald Trump.
